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Mort de Larijani : un choc pour Téhéran sans garantie d’effondrement du régime, selon Alexandre del Valle
Il souligne la capacité du système à se régénérer et à maintenir ouvertes, malgré tout, des options de négociation.


L’élimination d’Ali Larijani constitue indéniablement un coup dur pour le régime iranien, mais ne suffit pas à elle seule à désorganiser durablement le pouvoir à Téhéran, estime le politologue Alexandre del Valle sur i24NEWS. Selon lui, le système iranien repose sur une architecture complexe, pensée pour survivre aux pertes de ses figures clés.
« C’est un homme fort, probablement le plus influent du moment », souligne-t-il, rappelant que Larijani avait été investi de responsabilités majeures par le guide suprême avant sa disparition. Toutefois, cette perte s’inscrit dans un appareil de pouvoir structuré en profondeur, avec « plusieurs niveaux de remplacement » prévus aussi bien pour les dirigeants politiques que pour les Gardiens de la Révolution et le clergé.
Dans cette logique, la disparition d’un haut responsable peut produire des effets ambivalents : soit fragiliser le régime, soit au contraire favoriser l’émergence de figures encore plus radicales. « Il est difficile de tirer des conclusions à ce stade », insiste Alexandre del Valle, évoquant un système préparé depuis des décennies à absorber ce type de choc.
Sur le plan diplomatique, il estime que cette élimination ne ferme pas nécessairement la voie à d’éventuelles négociations. Si Larijani incarnait une ligne dure, d’autres profils, jugés plus « souples », subsistent au sein du régime. Certains responsables pourraient même, selon lui, être prêts à se rapprocher de l’Occident, malgré les apparences.
L’analyste met également en garde contre une vision monolithique du pouvoir iranien. Tous les dirigeants ne partagent pas une logique idéologique radicale ou « messianique » : nombre d’entre eux disposent d’intérêts économiques à l’étranger et privilégient leur survie politique et personnelle.
Enfin, Alexandre del Valle souligne que cette guerre s’inscrit aussi dans des dynamiques internes aux États-Unis, où elle pourrait peser sur l’équilibre politique, notamment à l’approche des échéances électorales.
Dans ce contexte, conclut-il, la situation demeure extrêmement fluide et incertaine, entre risques de radicalisation, possibilités de recomposition interne et maintien d’options diplomatiques.