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Patrick Chevallereau : "L’OTAN n’a strictement rien à faire dans le détroit d’Ormuz"
Selon lui, les pays occidentaux resteront prudents tant que la zone demeure un théâtre de guerre actif.


Invité à réagir à l’appel du président américain Donald Trump en faveur d’une coalition internationale pour sécuriser le détroit d’Ormuz, le vice-amiral Patrick Chevallereau a estimé que l’OTAN n’avait pas vocation à intervenir dans ce conflit.
Selon lui, l’Alliance atlantique reste avant tout une organisation de défense collective centrée sur la protection du territoire de ses États membres. « L’OTAN est une organisation du traité de l’Atlantique Nord, qui est une organisation de défense de son territoire », a-t-il rappelé. Dans ce contexte, il considère que l’organisation « n’a strictement rien à faire dans cette zone du monde ».
Le vice-amiral souligne également que plusieurs pays membres de l’Alliance n’ont pas été associés aux décisions ayant conduit au déclenchement de l’opération militaire contre l’Iran. Pour certains États européens, cette guerre est perçue comme non nécessaire, ce qui explique la prudence et la distance affichées face aux demandes de Washington.
Dans ces conditions, Patrick Chevallereau estime qu’il est peu probable que des pays occidentaux acceptent de s’engager militairement dans une coalition destinée à sécuriser le détroit d’Ormuz tant que le conflit reste actif. « Je ne vois aucun pays risquer des bateaux et des vies dans une zone qui serait encore une zone de guerre », a-t-il déclaré.
Il n’exclut toutefois pas qu’une coopération internationale puisse émerger à un stade ultérieur, notamment pour des missions techniques comme le déminage du détroit ou l’escorte de navires marchands. Des pays tels que le Japon, l’Australie, la Chine ou certains États européens pourraient alors participer à une telle initiative, une fois les combats terminés.
Concernant la France, le vice-amiral estime que la posture restera strictement défensive. Le déploiement militaire français répond, selon lui, à trois objectifs principaux : protéger les ressortissants et installations françaises dans la région, honorer les accords de défense avec certains partenaires du Golfe, et préserver les intérêts stratégiques de la France.
Dans ce cadre, le groupe aéronaval français autour du porte-avions Charles-de-Gaulle est déployé en Méditerranée orientale, tandis qu’une frégate française participe en mer Rouge à l’opération européenne Aspides, destinée à sécuriser les routes maritimes.
Pour Patrick Chevallereau, l’objectif reste clair : protéger les voies de communication stratégiques sans s’engager dans la zone de guerre active.