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"Plus que jamais, c’est le moment de transmettre" : Jacques Frojmovics face au défi de la mémoire
Face à la disparition progressive des survivants, Jacques Frojmovics s’engage à transmettre la mémoire de la Shoah dans les écoles.


Alors que les survivants de la Shoah disparaissent peu à peu, la transmission de leur histoire repose désormais sur les générations suivantes. C’est le combat mené par Jacques Frojmovics, engagé dans le projet éducatif Shorashi, qui intervient dans les écoles en Belgique et en Allemagne pour raconter l’histoire de ses parents, rescapés de la Shoah.
Loin des craintes d’un accueil difficile dans un contexte tendu, notamment depuis le 7 octobre, il décrit des échanges « plutôt très bien reçus », parfois même marqués par un réel enthousiasme. « Plus que jamais, c’est le moment d’agir », insiste-t-il, soulignant l’intérêt croissant des élèves pour ces témoignages.
Dans les classes, les questions fusent, souvent directes, parfois sensibles. Les élèves s’interrogent autant sur le quotidien des victimes que sur l’héritage de la Shoah dans les générations suivantes. Certains abordent aussi l’actualité, établissant des parallèles ou questionnant la situation au Moyen-Orient. « Nous n’esquivons pas les questions », explique Jacques Frojmovics, qui privilégie le dialogue et la pédagogie, sans céder à la polémique.
Son récit s’ancre dans une histoire familiale marquée par la déportation vers Auschwitz, après le passage par les ghettos d’Europe centrale. « J’ai eu le triste privilège d’être le premier interlocuteur de ma mère », confie-t-il, évoquant une mémoire transmise dès l’enfance, devenue aujourd’hui un devoir.
Au-delà du témoignage, ces interventions visent à déconstruire les stéréotypes et à sensibiliser les jeunes aux mécanismes des préjugés. À travers un dialogue ouvert, les élèves sont invités à réfléchir au poids des mots, notamment face à l’usage abusif de notions comme celle de « génocide ».
L’initiative s’élargit désormais à la présentation du judaïsme dans les écoles, répondant à une demande croissante de compréhension et de connaissance. Une démarche qui, selon lui, participe pleinement à la lutte contre l’antisémitisme.
Dans un contexte européen parfois marqué par les tensions identitaires, la parole de Jacques Frojmovics s’impose comme un pont entre mémoire et pédagogie, rappelant que transmettre, c’est aussi prévenir.