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Raphaël Jerusalmy : "Sans la chute du régime iranien, cette guerre n’aura servi à rien"
Pour Raphaël Jerusalmy, le cessez-le-feu reste précaire et la pression sur l’Iran insuffisante : sans chute du régime, la menace nucléaire perdurera malgré un répit estimé à deux ans.


Invité ce dimanche sur i24NEWS, l’ancien officier du renseignement militaire Raphaël Jerusalmy a livré une analyse de la situation après l’échec des négociations avec l’Iran, estimant que le cessez-le-feu reste extrêmement fragile et dépendra avant tout des choix de Donald Trump et de la stratégie de Téhéran. « Le cessez-le-feu peut éclater dans les deux minutes qui viennent et durer encore aussi deux mois », résume-t-il, soulignant l’incertitude totale qui entoure cette phase de transition.
Pour Raphaël Jerusalmy, l’Iran applique une tactique bien rodée : prolonger les discussions, « jouer la montre » et feindre des concessions afin de gagner du temps. Cette stratégie permettrait notamment aux Gardiens de la Révolution de se « regrouper » et de « se redéployer », rendant chaque heure de pause potentiellement dangereuse pour la suite du conflit.
Au-delà du court terme, l’analyste insiste sur une conviction centrale : l’objectif stratégique ne peut se limiter à un simple ralentissement du programme nucléaire iranien. « Sans la chute du régime des mollahs, sans neutraliser les Gardiens de la révolution, toute cette opération n’aura servi absolument à rien », affirme-t-il, pointant la nature même du pouvoir iranien comme source principale de la menace.
Sur le plan militaire, Raphaël Jerusalmy estime toutefois que les frappes ont eu un effet significatif. Les installations clés du programme nucléaire auraient été fortement endommagées, et plusieurs infrastructures essentielles détruites. Résultat, selon lui : « au moins deux ans de répit » avant que l’Iran ne puisse retrouver ses capacités antérieures.
Mais ce délai reste, à ses yeux, insuffisant sans solution politique durable. Faute de changement de régime, Israël et ses alliés pourraient être condamnés à une succession de cycles de confrontation. « Ce ne sera qu’un round de plus dans un combat à long terme », prévient-il, évoquant une menace qui dépasse désormais le seul cadre israélien pour concerner l’ensemble de la région, voire au-delà.