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Raphaël Jerusalmy : une guerre appelée à s’intensifier avant toute issue incertaine
Il analyse une phase critique du conflit, marquée par un affaiblissement relatif de l’Iran mais une intensification attendue des frappes.


L’ancien officier du renseignement israélien Raphaël Jerusalmy a livré une lecture de la situation sécuritaire, marquée selon lui par une dynamique d’escalade appelée à se prolonger . La prolongation de l’état d’urgence ne relève pas d’un excès de prudence, mais d’une réalité opérationnelle : malgré un affaiblissement progressif de l’arsenal iranien, la menace demeure multiple et persistante. « Il n’y a pas que l’Iran », rappelle-t-il, pointant également le Hezbollah, capable de frapper jusqu’au centre d’Israël.
Sur le plan strictement militaire, Raphaël Jerusalmy estime que Tsahal aura encore besoin de deux à trois semaines pour neutraliser l’essentiel des capacités balistiques iraniennes. Mais cette temporalité militaire se heurte à une autre, politique celle-là, où toute perspective de cessez-le-feu apparaît encore lointaine. Bien au contraire, il anticipe une intensification des hostilités à mesure que se dessinent d’éventuelles négociations. « À la veille d’un accord, chaque camp cherche à marquer des points », souligne-t-il, prévoyant une multiplication des frappes, notamment du côté iranien.
Affaibli mais imprévisible, le régime iranien pourrait, selon lui, adopter une logique de « tirs tous azimuts », dans un mélange de pression stratégique et de démonstration symbolique. En parallèle, l’armée israélienne maintient un rythme d’opérations élevé, frappant massivement des cibles pour conserver l’initiative.
L’analyste se montre en revanche profondément sceptique quant aux initiatives diplomatiques américaines. Il considère que les ouvertures affichées par Donald Trump relèvent davantage d’une manœuvre tactique destinée à apaiser les marchés financiers et les tensions énergétiques qu’à aboutir à un accord réel. Les conditions exigées de Téhéran — abandon du nucléaire et du programme balistique — sont, selon lui, inacceptables pour les dirigeants iraniens actuels.
Dans ce contexte, Jerusalmy juge hautement improbable la conclusion d’un accord solide à court terme. Pour lui, la séquence actuelle s’inscrit dans une logique classique de confrontation prolongée, où la diplomatie sert davantage de façade que de véritable levier de résolution.