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Syrie : Damas durcit sa ligne face aux Kurdes, analyse le chercheur Joël Parker
Entre négociations affichées et recours croissant à la force, le régime syrien durcit sa stratégie face aux Kurdes.


Invité dimanche soir, Joël Parker, chercheur au Centre Moshe Dayan pour les études sur le Moyen-Orient, a livré une analyse approfondie de la stratégie du président syrien Ahmed al-Sharaa vis-à-vis des territoires kurdes, entre négociation affichée et reprise militaire progressive.
Selon Joël Parker, la ligne suivie par Damas n’est pas improvisée. « Il s’agit d’un processus engagé depuis plusieurs mois », explique-t-il, estimant que le pouvoir syrien cherche avant tout à réintégrer les régions kurdes autonomes dans le giron de l’État. Ces territoires, stratégiques, sont riches en pétrole et en ressources agricoles, notamment en blé. Après l’échec des négociations visant à intégrer les forces kurdes au sein de l’armée syrienne, le régime semble désormais prêt à employer des moyens plus coercitifs.
L’un des points de friction majeurs demeure la question des armes détenues par les forces kurdes. « Les Kurdes redoutent que leur intégration implique un transfert de leur armement au profit du régime », souligne le chercheur, rappelant que cette question n’a jamais été réellement tranchée dans les discussions précédentes.
Joël Parker met également en lumière une convergence d’intérêts entre Damas et Ankara. Sans coordination formelle, les opérations syriennes contre les Kurdes s’inscrivent dans une logique proche de celle de la Turquie, qui considère le PKK et le YPG comme des organisations terroristes. Du point de vue syrien, ces groupes nationalistes n’ont, eux non plus, pas vocation à exister sur le territoire national.
La différence, nuance toutefois le chercheur, réside dans les méthodes : là où la Turquie privilégie la force brutale, le régime d’al-Sharaa a longtemps favorisé la négociation. Mais « la patience de Damas s’épuise », observe-t-il, alors que l’armée syrienne monte clairement en puissance.
Le pouvoir syrien bénéficie par ailleurs d’un avantage démographique et tribal dans les zones concernées. « Le régime s’appuie sur une identité arabe partagée avec les tribus locales », explique Joël Parker, ce qui facilite l’acceptation de son retour dans certaines localités.
Reste une inconnue majeure : l’avenir des Kurdes syriens s’ils parviennent à maintenir leur cohésion et à obtenir un soutien extérieur. Une évolution que, selon le chercheur, Israël et les acteurs régionaux suivent de très près.