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Trump-Xi : Ormuz, Iran et Taïwan au cœur d’un marchandage stratégique
Selon la chercheuse Emily de La Bruyère, l’aide proposée par Xi Jinping à Donald Trump pour rouvrir le détroit d’Ormuz pourrait s’inscrire dans un marchandage stratégique plus large.


La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, présentée comme « positive et productive », pourrait cacher un jeu diplomatique autrement plus complexe. Selon la chercheuse Emily de La Bruyère, l’un des points les plus sensibles du tête-à-tête concerne l’offre d’aide que le président chinois aurait formulée au sujet du détroit d’Ormuz, passage stratégique au cœur des tensions provoquées par la guerre avec l’Iran.
Dans une interview accordée à Fox News, Donald Trump affirme que Xi Jinping s’est dit prêt à contribuer à la réouverture du détroit. Une déclaration importante, mais soigneusement mise en scène par le président américain. À l’écouter, Pékin se serait proposé spontanément pour jouer les intermédiaires, sans que Washington ait eu à solliciter son aide. Pour Emily de La Bruyère, cette formulation n’est pas anodine : Donald Trump veut éviter de donner l’image d’un président en position de faiblesse, contraint de demander l’appui de la Chine pour sortir d’un conflit iranien dont il peine à trouver l’issue.
Mais cette éventuelle médiation chinoise soulève une question centrale : que Xi Jinping attend-il en retour ? La chercheuse estime que Taïwan pourrait être l’un des dossiers implicites de cette négociation. Pékin rêve depuis longtemps de reprendre le contrôle de l’île, et pourrait chercher à obtenir de Donald Trump une forme de retenue, voire de non-intervention, si la Chine décidait de passer à l’action. Officiellement, l’administration américaine assure que sa position n’a pas changé. Marco Rubio et plusieurs responsables entourant Trump affirment que Washington reste fidèle à sa ligne traditionnelle. Mais le sujet plane clairement au-dessus des discussions.
La Chine a d’ailleurs averti qu’une mauvaise gestion de la question taïwanaise pourrait provoquer de fortes tensions avec les États-Unis. Dans ce contexte, Ormuz pourrait devenir une monnaie d’échange diplomatique.
Autre point sensible : l’engagement prêté à Xi Jinping de ne plus fournir d’équipements militaires à l’Iran. Là encore, Emily de La Bruyère souligne l’ambiguïté de la formule. Car au-delà des armes, la Chine fournit aussi des composants électroniques, batteries, moteurs et technologies civiles à double usage, que Téhéran peut détourner pour fabriquer missiles et drones. C’est sur ce flou que se jouera une partie de la crédibilité de l’engagement chinois.