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"Une dérive devenue norme" : Shannon Seban fustige la banalisation de l’antisémitisme en Europe
« Quand on décide de mettre les moyens et de nommer les choses, on peut lutter efficacement », affirme-t-elle.


La directrice des affaires européennes de "Combat Antisemitism Movement", Shannon Seban, a livré une analyse alarmante de la situation au Royaume-Uni et, plus largement, en Europe, évoquant une progression inquiétante des actes antisémites et une banalisation croissante du phénomène. S’appuyant sur les données de son organisation, elle affirme que plus de 620 incidents ont été recensés au Royaume-Uni depuis le début de l’année 2026, dont près de 19,5 % des actes signalés dans le monde pour le seul mois d’avril.
Selon elle, ces chiffres traduisent une réalité concrète et préoccupante : agressions de personnes portant une kippa dans des quartiers juifs comme Golders Green, incendies criminels visant des synagogues ou encore restrictions de facto à la liberté de circulation pour certains citoyens. « Est-ce cela, être juif en Europe en 2026 ? », interroge-t-elle, dénonçant une dégradation du climat sécuritaire et social.
La création à Londres d’une unité spéciale de la police métropolitaine, forte d’une centaine d’agents, dont des spécialistes antiterroristes, chargée de protéger les communautés juives, illustre selon elle la gravité de la situation. Une décision qu’elle qualifie à la fois de nécessaire et révélatrice : « On en est là », souligne-t-elle, y voyant le symptôme d’un mal plus profond.
Shannon Seban dénonce également une forme de banalisation culturelle de l’antisémitisme, qu’elle décrit comme « devenu tendance, presque glamour » dans certains milieux. Elle critique notamment la mise en avant médiatique de figures controversées, estimant que certaines prises de position brouillent la frontière entre antisionisme et antisémitisme.
Enfin, elle pointe la responsabilité des dirigeants européens, appelant à une réponse politique ferme. « Quand on décide de mettre les moyens et de nommer les choses, on peut lutter efficacement », affirme-t-elle, tout en regrettant ce qu’elle perçoit comme une « forme de lâcheté » dans certains pays.