Indonésie : 34 blessés lors de manifestations contre Andrea Bocelli, visé pour son soutien à Israël
Des manifestants opposés à la venue du célèbre ténor italien ont tenté de pénétrer dans l’enceinte du JIExpo Kemayoran, où se déroulait le spectacle.


Le célèbre ténor italien est la cible d’une campagne hostile en Indonésie, notamment en raison de ses liens avec Israël et de son soutien à d’anciens otages du Hamas.
De violents affrontements ont éclaté mardi 3 novembre à Jakarta, en Indonésie, en marge d’un concert d’Andrea Bocelli. Des manifestants opposés à la venue du célèbre ténor italien ont tenté de pénétrer dans l’enceinte du JIExpo Kemayoran, où se déroulait le spectacle. Selon la police indonésienne, 34 personnes ont été blessées, dont 32 policiers, un militaire et un civil.
Les tensions avaient commencé plusieurs semaines auparavant. Le Conseil des oulémas d’Indonésie (MUI), l’une des principales autorités musulmanes du pays, avait appelé à l’annulation des concerts de Bocelli, programmés les 31 octobre et 3 novembre. En cause : les liens du chanteur avec Israël et ses prises de position jugées favorables à l’État hébreu.
L’organisation lui reprochait notamment sa participation à une collecte de fonds au profit de l’armée israélienne en 2010, ainsi qu’un concert donné à Tel-Aviv en 2022. Malgré ces pressions, les organisateurs avaient maintenu les représentations.
Le ténor italien s’est également distingué par ses gestes de solidarité envers des Israéliens enlevés par le Hamas lors des attaques du 7 octobre 2023.
Parmi eux figure Yaffa Adar, une Israélienne âgée de 85 ans au moment de son enlèvement, dont les images de captivité avaient marqué les esprits. Après sa libération, sa famille avait raconté que les chansons d’Andrea Bocelli l’avaient aidée à tenir pendant sa détention à Gaza. Touché par son témoignage, le chanteur lui avait personnellement adressé une lettre de soutien.
En décembre 2025, Bocelli avait également rencontré à Miami Segev Kalfon, un autre ancien otage israélien, témoignant une nouvelle fois de sa solidarité envers les survivants de la captivité du Hamas.
Ces gestes humanitaires s’inscrivent dans une relation ancienne entre l’artiste et Israël. Ils ont pris une dimension particulièrement sensible dans le contexte de la guerre à Gaza et de la mobilisation propalestinienne en Indonésie, premier pays musulman au monde par sa population, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël.