Le gouverneur de la Banque d’Israël explique la surperformance de la Bourse
Devant la commission des Finances, il a souligné la résilience de l’économie, tout en appelant à la prudence face aux défis budgétaires à venir.


La solide performance de la Bourse israélienne depuis le début de la guerre s’explique avant tout par la robustesse de l’économie au moment de l’entrée en conflit, a affirmé le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, lors d’un débat à la commission des Finances de la Knesset consacré au budget 2026 de l’institution.
Selon le gouverneur, Israël est entré dans la guerre avec des fondamentaux économiques solides : un produit intérieur brut supérieur à la tendance observée dans les principales économies développées, un marché du travail tendu et un ratio dette-PIB en baisse. « Malgré un événement sécuritaire d’une ampleur exceptionnelle, une reprise a été observée dès le trimestre suivant », a-t-il souligné.
Amir Yaron a également mis en avant plusieurs facteurs ayant contribué à la surperformance de la Bourse israélienne par rapport aux marchés étrangers, citant notamment certaines opérations sécuritaires majeures, la stabilisation progressive du front et le cessez-le-feu. Cette amélioration s’est aussi traduite par des indicateurs financiers positifs, comme la baisse de la prime de risque sur les obligations souveraines libellées en dollars.
Sur le plan macroéconomique, le gouverneur a indiqué que l’écart de production atteint actuellement environ 3,5 % par rapport aux prévisions établies avant la guerre. Toutefois, les perspectives restent favorables : la Banque d’Israël anticipe une croissance de 5,2 % l’an prochain, suivie de 4,3 % l’année suivante.
Concernant le marché du travail, Amir Yaron a rappelé qu’une chute brutale de l’activité avait été enregistrée au début du conflit, en raison notamment de la pénurie de main-d’œuvre, de la mobilisation massive des réservistes et de l’absence de travailleurs étrangers. Depuis, une reprise notable a eu lieu : le chômage demeure faible et le volume des réservistes mobilisés a reculé, même s’il reste supérieur aux niveaux d’avant-guerre.
Le gouverneur a aussi souligné la vigueur de la consommation, notant que les dépenses par cartes de crédit et les recettes fiscales dépassent actuellement leur tendance de long terme, tout en mettant en garde contre une extrapolation excessive de ces données. Elles témoignent d’une résilience économique, sans garantir une dynamique durable.
Sur l’inflation, il a indiqué que le dernier indice s’établissait à 2,6 % et devrait revenir vers le centre de la cible au premier trimestre 2026. Le maintien des taux d’intérêt pendant la guerre visait, selon lui, à préserver la stabilité financière.
Enfin, Amir Yaron a évalué le coût total de la guerre à environ 350 milliards de shekels entre 2023 et 2026, soit près de 13 % du PIB, appelant à une gestion budgétaire responsable face aux défis majeurs attendus en 2026.