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Portrait | Itamar Ben Gvir, de militant radical à figure incontournable de la droite israélienne
Son discours sécuritaire, sa forte présence médiatique et son goût pour la provocation contribuent à accroître sa notoriété auprès d'une partie de l'électorat de droite


Né le 6 mai 1976 à Mevasseret Zion, près de Jérusalem, Itamar Ben Gvir grandit dans une famille d’origine irakienne et kurde. Très jeune, il rejoint les milieux ultranationalistes et se rapproche du kahanisme, courant extrémiste inspiré du rabbin Meir Kahane. Ses activités lui valent plusieurs condamnations, notamment pour incitation au racisme et soutien à une organisation terroriste.
Jugé inapte au service militaire en raison de son militantisme, il devient avocat et se spécialise dans la défense de militants d’extrême droite et de résidents israéliens de Judée-Samarie poursuivis en justice. Il cultive déjà le goût du scandale. En 1995, quelques semaines avant l’assassinat d’Yitzhak Rabin, il brandit devant les caméras un emblème arraché à la voiture du Premier ministre, lançant : « Nous avons atteint sa voiture, nous l’atteindrons aussi. »
Après plusieurs échecs électoraux, il entre à la Knesset en 2021. Longtemps marginalisé, celui qui avait affiché dans son salon le portrait de Baruch Goldstein, auteur du massacre de 29 Palestiniens à Hébron en 1994, devient progressivement une figure incontournable de l’extrême droite israélienne.
En décembre 2022, Benjamin Netanyahou le nomme ministre de la Sécurité nationale. Un portefeuille stratégique pour cet ancien agitateur, désormais chargé de superviser la police. Il prône l’armement des civils, réclame davantage de fermeté contre la criminalité et multiplie les déclarations incendiaires.
Après le 7 octobre 2023, il défend une guerre sans concession contre le Hamas, combat les accords de cessez-le-feu et réclame le retour d’une présence israélienne à Gaza. Ses visites répétées sur le mont du Temple, lieu hautement sensible pour les musulmans comme pour les juifs, provoquent des condamnations internationales. Il va jusqu’à défendre publiquement la possibilité d’y prier, au mépris du statu quo officiellement maintenu par Israël.
Sur le plan intérieur, ses affrontements avec la justice et les responsables policiers alimentent les accusations d’ingérence politique. Ses adversaires dénoncent un ministre qui attise les tensions plutôt que de les apaiser. Ses partisans saluent au contraire un homme qui ose briser les tabous et imposer une ligne sécuritaire inflexible.
À la tête d’Otzma Yehudit, Ben Gvir sait monnayer son poids politique. Ses menaces de quitter la coalition et ses ultimatums à Netanyahou font de lui un partenaire aussi indispensable qu’encombrant. Il puise sa force dans un électorat nationaliste religieux favorable à une souveraineté israélienne étendue sur la Judée-Samarie.
À l’approche des élections législatives du 27 octobre 2026, l’ancien provocateur devenu ministre entend capitaliser sur la radicalisation d’une partie de la droite israélienne. Son ascension illustre la banalisation politique d’idées longtemps cantonnées aux marges, mais aussi les fractures profondes d’une société tiraillée entre impératifs sécuritaires, identité nationale et État de droit.
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