Antisémitisme : Emmanuel Macron appelle à une vigilance "de tous les instants"
"Nous savons que les vieux démons de l’antisémitisme n’ont jamais totalement disparu de notre pays", a déclaré le président de la République


Emmanuel Macron a appelé dimanche les Français à faire preuve d’une vigilance "de tous les instants" face au "retour de l’odieux antisémitisme", alors que les actes visant les Juifs ont atteint des niveaux particulièrement élevés en France ces trois dernières années, selon le ministère de l’Intérieur.
"Nous savons que les vieux démons de l’antisémitisme n’ont jamais totalement disparu de notre pays", a déclaré le président de la République lors d’une cérémonie organisée en hommage à Alfred Dreyfus, 120 ans jour pour jour après sa réhabilitation définitive par la Cour de cassation.
Officier juif de l’armée française, Alfred Dreyfus avait été injustement condamné pour haute trahison à la fin du 19e siècle, dans un climat profondément antisémite. Emmanuel Macron a présenté le "dreyfusisme" comme un état d’esprit qui refuse que la religion, l’origine ou l’appartenance à une communauté puissent servir de prétexte pour livrer un individu à une justice et à une opinion publique aveuglées par les préjugés.
"Le dreyfusisme nous rappelle que l’antisémitisme, quelle qu’en soit la racine ou les explications prétendues, est l’ennemi de la République", a insisté le chef de l’État.
Emmanuel Macron a également rendu hommage aux Justes parmi les Nations, ces personnes non juives honorées par Yad Vashem pour avoir risqué leur vie afin de sauver des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a salué leur "courage", leur "volonté" et leur "force d’âme" sous l’Occupation et le régime de Vichy.
Le président a enfin appelé les communes françaises à mieux entretenir leur mémoire. Il souhaite que les noms des Justes soient apposés sur les maisons, immeubles et autres lieux où des Juifs furent cachés et sauvés de la barbarie nazie.
"J’en appelle à toutes les municipalités de France pour qu’elles fassent leur cette entreprise", a-t-il déclaré, estimant qu’elles s’inscriraient ainsi dans l’héritage du dreyfusisme.