Antisémitisme : une proposition de loi de Caroline Yadan examinée à l’Assemblée nationale
Sa proposition de loi entend compléter les dispositifs existants, notamment ceux adoptés en 1990 et en 2019, en élargissant le champ des infractions et des sanctions


La Commission des lois de l’Assemblée nationale se penche ce mardi sur une proposition de loi portée par la députée Caroline Yadan visant à renforcer la lutte contre l’antisémitisme en France. Le texte s’inscrit dans un contexte de recrudescence sans précédent des actes antijuifs depuis les attaques terroristes du 7 octobre.
Élue de la 8e circonscription des Français établis hors de France (qui couvre notamment Israël, l’Italie, la Grèce et la Turquie) Caroline Yadan dresse un constat alarmant. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur qu’elle cite, le nombre d’actes antisémites recensés dans les trois mois suivant le 7 octobre a atteint un niveau équivalent à celui des trois années précédentes cumulées.
La députée du groupe Ensemble pour la République souligne également les données du ministère de l’Éducation nationale pour l’année scolaire 2023-2024, qui font état d’une multiplication par quatre des incidents à caractère antisémite dans les établissements scolaires. Pour la seule année 2023, les agressions antisémites ont représenté 57 % de l’ensemble des actes racistes et antireligieux, alors même que les juifs constituent moins de 1 % de la population française.
Aux yeux de Caroline Yadan, cette flambée s’explique en partie par une haine antijuive nourrie, selon elle, par une hostilité obsessionnelle envers Israël, régulièrement remis en cause dans son existence et assimilé à un État criminel. Tout en rappelant que chacun est libre de critiquer la politique d’un État, la députée insiste sur une ligne rouge claire : rien ne peut justifier un appel à la destruction d’Israël.
Depuis le 7 octobre, cette hostilité envers l’État hébreu servirait de prétexte à des violences visant directement les juifs de France. Caroline Yadan évoque une réalité marquée par le harcèlement, les insultes, les menaces, les crachats, les agressions physiques, mais aussi des violences sexuelles, touchant parfois jusqu’aux enfants.
Face à ce qu’elle décrit comme des formes renouvelées de l’antisémitisme, l’élue appelle à une prise de conscience et à une mobilisation de la représentation nationale. Sa proposition de loi entend compléter les dispositifs existants, notamment ceux adoptés en 1990 et en 2019, en élargissant le champ des infractions et des sanctions. Elle souhaite en particulier que les provocations indirectes à la haine puissent être plus clairement réprimées, afin de mieux protéger les juifs de France.