Apologie du terrorisme : le procès d’Ismaël Boudjekada s’ouvre à Paris
L'élu du Doubs avait qualifié Yahya Sinwar de "héros" et de "martyr" et salué sa mémoire


Après deux reports, le procès d’Ismaël Boudjekada s’ouvre ce mercredi devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. L’élu municipal de Grand-Charmont (Doubs) doit comparaître pendant trois jours, jusqu’au 27 février, pour "divulgation d’information personnelle exposant autrui à un risque" et "apologie du terrorisme en ligne".
L’affaire trouve son origine en 2025, lorsque l’élu avait été interpellé à l’aéroport de Bâle-Mulhouse à son retour d’Arabie saoudite. Il figurait alors au fichier des personnes recherchées après une condamnation en première instance, prononcée en octobre 2024, pour les mêmes qualifications pénales. Le parquet de Nanterre avait précisé qu’il lui était reproché d’avoir diffusé des informations personnelles mettant autrui en danger et d’avoir tenu des propos relevant de l’apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux.
Le volet principal du dossier concerne une publication sur son compte X dans laquelle il réagissait à la mort de Yahya Sinwar, ancien chef du Hamas, organisation terroriste. Ismaël Boudjekada avait alors qualifié ce dernier de "héros" et de "martyr", saluant sa mémoire et regrettant que, selon lui, certains médias occidentaux ne relaient pas ses déclarations qu’il jugeait "pacifistes". Le message avait été supprimé par la suite, mais il avait suscité une vive polémique.
Le député Matthieu Bloch avait signalé les faits à la justice, estimant que de tels propos revenaient à remettre en cause la qualification terroriste des attaques du 7 octobre et relevaient d’une infraction pénale. L’élu du Doubs encourt jusqu’à sept ans d’emprisonnement, selon ses propres déclarations dans une vidéo publiée en ligne, où il affirmait être poursuivi pour avoir dénoncé des menaces de mort dont il dit être victime et pour avoir défendu la cause palestinienne.
Placée un temps en détention provisoire, sa situation a ensuite été aménagée sous contrôle judiciaire. Il lui est interdit de quitter le territoire français et il doit se présenter régulièrement au commissariat.
Ce procès intervient alors qu’Ismaël Boudjekada avait déjà été condamné en juin 2024 en première instance pour apologie du terrorisme. En novembre de la même année, il avait de nouveau suscité l’indignation en tenant des propos antisémites sur les réseaux sociaux, à la suite d’incidents visant des supporters du club israélien Maccabi Tel-Aviv à Amsterdam. Ces déclarations avaient renforcé les critiques à son encontre et alimenté le débat sur les limites de la liberté d’expression des élus.