Besançon : une fresque jugée antisémite va être effacée après un signalement du Crif
Le président de la délégation régionale Bourgogne–Franche-Comté, Laurent Hofnung, estime que l’image revient à "désigner le peuple juif comme génocidaire"


La ville de Besançon a décidé de recouvrir, dans les prochains jours, une fresque murale représentant le conflit israélo-palestinien, après un signalement du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). L’œuvre, jugée antisémite par plusieurs observateurs, avait été peinte en octobre dernier sur le mur d’un complexe sportif.
La fresque montre notamment un chandelier à sept branches, symbole du judaïsme, juxtaposé à une tête de mort recouverte d’un keffieh palestinien. Pour le Crif, cette association visuelle peut être interprétée comme assimilant les Juifs à des crimes de masse. Le président de la délégation régionale Bourgogne–Franche-Comté, Laurent Hofnung, estime que l’image revient à "désigner le peuple juif comme génocidaire", une lecture qu’il juge profondément choquante. Selon lui, le fait que des passants non juifs aient eux-mêmes perçu un message antisémite démontre l’existence d’un contenu subliminal, indépendamment des intentions de l’auteur.
Alertée par ces signalements, la municipalité a annoncé que la fresque serait recouverte cette semaine. La maire écologiste Anne Vignot n’a pas explicitement évoqué le caractère antisémite de l’œuvre, mais la mairie explique sa décision par le fait que le mur concerné n’est pas un espace d’expression libre, contrairement à d’autres sites prévus à cet effet dans la ville. L’effacement s’inscrit donc, selon elle, dans une politique générale de lutte contre les tags et graffitis non autorisés.
Sur le plan judiciaire, le dossier a été transmis au parquet de Besançon. Le procureur de la République, Cédric Logelin, a indiqué que l’affaire serait suivie par le magistrat référent en matière de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations, précisant que ce type de signalement est traité avec une vigilance particulière.
De son côté, le graffeur bisontin à l’origine de la fresque, connu sous le nom de Nacle, a exprimé son incompréhension. Il affirme n’avoir voulu que dénoncer une situation qui l’indigne "en tant qu’être humain" et se dit bouleversé d’être accusé d’antisémitisme. Selon lui, l’art a vocation à susciter le débat et la réflexion, et l’interprétation qui est faite de son œuvre ne correspond pas à son intention initiale, reconnaissant toutefois qu’elle peut heurter certaines sensibilités.