En région parisienne, une famille juive sommée par le syndic de retirer la mezouza de sa porte
Selon Century 21, la mezouza a été installée sans demande ni validation, constituant ainsi un "usage privatif d’une partie commune". La famille dispose d’un délai de quinze jours pour retirer l’objet


Une famille juive résidant dans la banlieue nord de Paris a reçu une mise en demeure du syndic de l'immeuble lui ordonnant de retirer la mezouza fixée à l’encadrement extérieur de la porte de son appartement, sous peine de poursuites judiciaires.
Dans un courrier officiel, la société de gestion explique que l’encadrement extérieur des portes d’appartement est considéré comme une partie commune de l’immeuble. À ce titre, toute modification susceptible d’en affecter l’apparence doit faire l’objet d’une autorisation préalable de la copropriété. Or, selon le syndic, la mezouza, petit étui contenant un parchemin manuscrit en hébreu, traditionnellement apposé à l’entrée des foyers juifs, aurait été installée sans demande ni validation, constituant ainsi un “usage privatif d’une partie commune”.
La lettre invoque notamment l’article 9 de la loi du 10 juillet 1965 régissant la copropriété, qui autorise l’usage des parties communes à condition de ne pas porter atteinte aux droits des autres résidents ni à l’esthétique de l’immeuble. La famille dispose d’un délai de quinze jours pour retirer l’objet et remettre l’encadrement dans son état initial. À défaut, le syndic se réserve le droit d’engager “toute action nécessaire”, y compris judiciaire, et d’effectuer les travaux aux frais des occupants.
Le courrier précise que cette démarche est entreprise “sans aucun lien avec des considérations personnelles ou religieuses” et qu’elle relève uniquement de l’application du règlement de copropriété et des textes en vigueur.
L’affaire a suscité des réactions au sein de la communauté locale, dans un contexte français marqué par des débats récurrents sur l’expression des identités religieuses dans l’espace public et les droits des minorités.