Financement du Hamas : cinq personnes mises en examen en France
Une enquête antiterroriste ouverte fin 2023 aboutit à la mise en examen de cinq personnes liées à des associations françaises soupçonnées d’avoir financé le Hamas sous couvert d’aide humanitaire.


Cinq personnes liées aux associations françaises Humani’Terre et Soutien Humani’Terre ont été mises en examen le 20 février pour financement d’une entreprise terroriste, dans une enquête portant sur des flux financiers présumés au profit du Hamas, a révélé vendredi soir Le Figaro. Les poursuites, engagées par le Parquet national antiterroriste (PNAT), visent également des faits d’abus de confiance en bande organisée et de blanchiment en lien avec une organisation terroriste.
Selon les magistrats, ces structures, considérées par les services de renseignement comme proches de la mouvance des Frères musulmans, auraient transféré des fonds vers le Hamas sous couvert d’aide humanitaire destinée aux territoires palestiniens. Les mis en examen ont été placés sous contrôle judiciaire.
L’enquête, ouverte le 3 novembre 2023, a mobilisé la section antiterroriste de la brigade criminelle de la préfecture de police de Paris, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière. Des perquisitions menées en janvier 2024 au siège des associations ainsi qu’aux domiciles de responsables actuels ou anciens ont conduit à la saisie de matériel informatique, de documents comptables et de fonds importants.
Les enquêteurs ont notamment découvert près de 35 millions d’euros sur différents comptes bancaires associatifs, ainsi que plus de 5 millions d’euros en espèces répartis entre plusieurs antennes locales. Deux immeubles situés à Paris et à La Courneuve ont également été saisis.
Les associations visées contestent formellement toute irrégularité et dénoncent des accusations infondées. L’affaire pourrait néanmoins relancer les débats sur la surveillance des circuits de financement associatifs et sur les liens présumés entre certaines structures françaises et des organisations classées terroristes par l’Union européenne, dont le Hamas.