"Flottille pour Gaza" : les avocates des militants français dénoncent un "simulacre de condamnation" d'Israël par la France
Cette prise de position intervient alors que Paris a récemment condamné le traitement réservé aux participants de l’opération maritime.


Les avocates des militants français ayant participé à la « flottille pour Gaza » ont vivement critiqué vendredi la réaction des autorités françaises après l’interception des navires par Israël et la détention de leurs passagers.
Dans un communiqué, elles ont dénoncé ce qu’elles qualifient de « simulacre de condamnation » des mauvais traitements qui auraient été infligés aux militants durant leur détention en Israël. Elles ont également annoncé leur refus de rencontrer le ministre français des Affaires étrangères afin d’évoquer le dossier.
Cette réaction intervient quelques jours après les déclarations du Premier ministre français, Sébastien Lecornu, qui a affirmé envisager une « saisine » de la justice française concernant le traitement qu’il a jugé « odieux » réservé aux militants de la flottille.
« Nous savons que nous n’avons rien à attendre de ce simulacre de condamnation de la part du gouvernement français », ont déclaré les avocates, estimant que Paris ne peut « se poser sérieusement en défenseur des droits » des participants à l’opération maritime.
Les représentantes des militants ont également annoncé leur intention de déposer prochainement plainte pour les violences qu’elles affirment avoir été commises contre leurs clients. Elles évoquent notamment des « humiliations », des « violences », ainsi que des accusations de « viols » et d’« actes de torture ».
L’affaire trouve son origine dans l’interception par Israël d’une flottille partie de Turquie le 14 mai avec pour objectif affiché de "briser le blocus" imposé à la bande de Gaza. Selon les autorités israéliennes, 430 militants, dont 37 Français, ont été interpellés à bord d’une cinquantaine de navires avant d’être expulsés.
La controverse a pris une nouvelle ampleur après la diffusion d’une vidéo montrant plusieurs militants agenouillés, les mains attachées, des images qui ont suscité de vives réactions sur la scène internationale. La France a notamment interdit l’entrée sur son territoire au ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.