François Ruffin : « L’Iran est un pays attaqué, et non pas un pays qui attaque »
Le député estime qu'Israël, qu'il qualifie de "pays génocidaire", doit être exclu des compétitions et événements internationaux ; une position qu'il se refuse à étendre à l'Iran.


François Ruffin s’est prononcé contre la participation d’Israël à l’Eurovision, lors d’un échange sur RMC dans l’émission Les Grandes Gueules. Interrogé sur un éventuel boycott de la compétition par la France, le député a dénoncé ce qu’il considère comme un « double standard » dans le traitement d’Israël et de la Russie.
« On ne peut pas être pour des sanctions contre la Russie, et je les approuve, et ne rien faire contre l’État d’Israël de Benjamin Netanyahou », a-t-il affirmé. Selon lui, l’absence de sanctions contre Israël constituerait à la fois une « faute morale » et une « faute diplomatique ».
François Ruffin a estimé que cette différence de traitement affaiblissait la parole occidentale auprès des pays du Sud. « On ne peut pas être entendu des autres pays, qui vont dire : c’est quoi vos valeurs, c’est quoi la démocratie, c’est quoi vos droits de l’homme, si ça s’applique différemment quand il s’agit de la Russie ou d’Israël ? », a-t-il déclaré.
https://x.com/i/web/status/2054496202540961860
Ce post ne peut être affiché car les cookies pour les réseaux sociaux sont désactivés. Vous pouvez les réactiver en cliquant sur .
Le député a ensuite élargi son propos au sport. Il s’est dit favorable à ce que la France intervienne auprès de l’UEFA pour qu’Israël ne participe plus au championnat d’Europe des nations. Selon lui, une telle décision devrait pousser à « une remise en cause profonde » de la politique menée par l’État d’Israël à l’égard des Palestiniens, mais aussi de son rôle régional, qu’il a qualifié « d’instrument de chaos au Moyen-Orient ».
Mais l’échange s’est tendu lorsqu’il a été interrogé sur la participation de l’Iran à la Coupe du monde de football. « L’Iran, pour l’instant, est un pays attaqué, et non pas un pays qui attaque », a répondu François Ruffin.
Relancé sur la répression exercée par le régime iranien contre sa propre population, il a assuré ne nourrir « aucun soutien » envers le gouvernement iranien ni envers ses dirigeants, dont il dit dénoncer les crimes « depuis des années ». Il a toutefois refusé de trancher immédiatement la question d’une exclusion sportive de l’Iran, affirmant vouloir « réfléchir » à ce sujet.
Cette distinction a suscité la réaction de ses interlocuteurs, qui lui ont opposé l’idée qu’on ne pouvait pas refuser la présence d’Israël à l’Eurovision tout en acceptant celle de l’Iran à la Coupe du monde.
L’échange intervient alors que la participation israélienne à l’Eurovision continue de provoquer chaque jour des appels au boycott dans plusieurs pays européens.