Présidentielle 2027 : Mélenchon prône un Israël binational et franchit un nouveau cap
Désormais le mouvement, considéré le plus grand foyer de diffusion de thèses et de slogans antisémites, pose directement la question de la légitimité d’Israël


Jean-Luc Mélenchon a dévoilé vendredi 6 novembre une nouvelle version de L’Avenir en commun, son programme pour la présidentielle de 2027. Fort de 1 069 mesures, le texte conserve ses grandes priorités sociales et écologiques, notamment la retraite à 60 ans, l’augmentation du SMIC à 1 700 euros net et la sortie progressive du nucléaire. Mais il confirme également le durcissement de la ligne de La France insoumise envers Israël, avec une évolution particulièrement significative sur l’avenir du conflit israélo-palestinien.
Dans son volet international, le mouvement défend une diplomatie non alignée et promet notamment des sanctions contre le gouvernement de Benyamin Netanyahou ainsi que la suspension de l’accord d’association entre Israël et l’Union européenne.
La principale nouveauté concerne toutefois la solution politique au conflit. Jusqu’ici attachée à la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, La France insoumise propose désormais de « prendre en compte les autres possibilités » permettant de garantir les droits des Palestiniens, citant notamment l’hypothèse d’un « État binational égalitaire ».
Cette formulation marque un véritable changement de paradigme. LFI envisage désormais un État commun aux Israéliens et aux Palestiniens et franchit un pas supplémentaire dans son positionnement. Le mouvement, considéré le plus grand foyer de diffusion de thèses et de slogans antisémites actuel en France, pose directement la question de la légitimité d’Israël en tant qu’État juif et de son droit à l’autodétermination nationale.
Cette inflexion intervient dans un contexte où Jean-Luc Mélenchon a fait de la défense de la cause palestinienne l’un des marqueurs de sa stratégie politique. L’influence de Rima Hassan apparaît également dans cette nouvelle orientation. Chargée en janvier par Jean-Luc Mélenchon de conduire un groupe de travail sur l’avenir du conflit, l’eurodéputée franco-palestinienne considère que la solution à deux États est arrivée à bout de souffle. Un colloque consacré à cette question doit être organisé en février, en pleine campagne présidentielle.