Prononciation du nom d'Epstein : Jean-Luc Mélenchon accusé de dérapage antisémite
Une sénatrice socialiste a estimé que la séquence n’avait "plus rien à voir avec Gaza" mais relevait d’un antisémitisme assumé


Les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Lyon jeudi ont déclenché une vague d’indignation politique. Venu soutenir la candidate LFI aux municipales, Anaïs Belouassa-Cherifi, le leader insoumis a longuement critiqué le traitement médiatique de l’affaire Jeffrey Epstein, avant de s’attarder sur la prononciation du nom du financier américain, mort en détention en 2019.
Ironisant sur la manière dont les journalistes prononcent "Epstein", Jean-Luc Mélenchon a feint de corriger sa propre diction, suggérant qu’il faudrait dire "Epstine", comme pour d’autres noms anglophones. Une séquence ponctuée de rires dans la salle, qui a immédiatement suscité de vives réactions. Plusieurs responsables politiques y ont vu une insinuation problématique, voire une référence déplacée à l’origine juive d’Epstein.
Le président du Crif, Yonathan Arfi, a dénoncé sur X une interprétation complotiste de la prononciation anglaise du nom, y voyant "de vrais relents antisémites". De son côté, la ministre Aurore Bergé a estimé que "le nouvel antisémitisme en France s’écrit en trois lettres : LFI", appelant chacun à prendre ses responsabilités.
Les critiques ont également fusé à gauche. L’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve a fustigé une dérive indigne, tandis qu’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a jugé que l’antifascisme ne consistait pas à reprendre "les ressorts les plus dangereux" du fascisme. La cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, s’est dite consternée, affirmant que "rien ne va" dans ces propos. La sénatrice socialiste Laurence Rossignol a dénoncé une mise en scène qu’elle a jugée inquiétante, estimant que la séquence n’avait "plus rien à voir avec Gaza" mais relevait d’un antisémitisme assumé. À droite, Pierre-Yves Bournazel (Horizons) a parlé de propos "nauséabonds" flirtant "incontestablement" avec l’antisémitisme.
Face à la polémique, Manon Aubry a défendu le chef de file insoumis, expliquant qu’il cherchait à dénoncer le "sous-traitement médiatique" de l’affaire Epstein et à recentrer le débat sur le fond du dossier. Jean-Luc Mélenchon lui-même a réagi sur X, qualifiant de "consternantes" les accusations d’antisémitisme et affirmant que ceux qui ramènent systématiquement le débat à cette question devraient s’interroger sur leurs motivations.