Sorbonne : pas de sanction pour l’étudiante qui avait exclu des étudiants juifs d’un groupe Instagram
La section disciplinaire de l'université, composée pour moitié d’étudiants et pour moitié d’enseignants, a estimé ne pas avoir à se prononcer sur des propos tenus dans un groupe privé


L’étudiante de Paris 1 Panthéon-Sorbonne accusée d’avoir exclu plusieurs camarades juifs d’un groupe Instagram de promotion n’a finalement fait l’objet d’aucune sanction disciplinaire interne. La décision, prise à l’issue d’une procédure engagée en novembre dernier, a été confirmée alors même que l’université a choisi de faire appel de son propre organe disciplinaire.
Parallèlement, l’affaire suit son cours sur le plan judiciaire. La jeune femme, inscrite en première année de licence d’économie, doit comparaître ce mercredi 18 février devant le tribunal correctionnel. Elle est poursuivie pour harcèlement scolaire et provocation non publique à la haine raciale.
Les faits remontent au 15 septembre, avant même la rentrée universitaire. Sur un groupe Instagram réunissant des étudiants de sa promotion, l’étudiante avait exclu plusieurs participants, écrivant notamment : "S’il y a d’autres sionistes dans ce groupe, on ne veut pas de vous ici". Certains des étudiants évincés affirment avoir été ciblés en raison de la consonance juive de leur nom. L’intéressée conteste cette version et assure avoir retiré uniquement des personnes qui suivaient des comptes militaires pro-israéliens.
À l’époque, l’université avait saisi la justice et engagé une procédure disciplinaire interne. Toutefois, la section disciplinaire, composée pour moitié d’étudiants et pour moitié d’enseignants, sans participation de la direction, a estimé ne pas avoir à se prononcer sur des propos tenus dans un groupe privé, d’autant que l’année universitaire n’avait pas encore débuté.
La décision a suscité des réactions, alors que le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, avait salué la fermeté affichée par l’établissement face à l’antisémitisme et appelé à des sanctions. L’appel formé par l’université laisse désormais la possibilité d’un nouvel examen du dossier sur le plan disciplinaire.