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Après la défaite aux élections de mi-mandat, Trump attribue une part du revers à l’Iran
Le conflit avec l’Iran a compté dans la défaite républicaine, admet Donald Trump. Pour Téhéran, les Américains ont dit « non à la guerre ».


La guerre avec l’Iran s’est invitée dans les premières réactions aux élections américaines de mi-mandat. Après la victoire des démocrates à la Chambre des représentants et au Sénat, Donald Trump a reconnu qu’« une partie des résultats est due à l’Iran ». À Téhéran, le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a présenté le scrutin comme un désaveu de la politique militaire américaine.
« Les Américains ont dit non à la guerre, nous soutenons ce message », a déclaré le responsable iranien. Il a toutefois accompagné cette lecture d’un avertissement : « Si le gouvernement américain trahit la volonté de son peuple pour servir des acteurs internationaux qui le paient ou lui font du chantage, il découvrira que notre refus s’accompagne d’un cauchemar. »
Donald Trump a, de son côté, félicité les démocrates lors d’un entretien accordé à CBS, assurant avoir « hâte de travailler avec eux dans l’intérêt des États-Unis ». Il a néanmoins répété que les résultats auraient été différents si son nom avait figuré sur les bulletins. Le président a également promis d’opposer son veto aux « décisions folles » des démocrates, tout en reconnaissant qu’ils avaient « fait du bon travail » pendant leur campagne.
Le coût de la vie, la guerre avec l’Iran et les inquiétudes concernant la corruption ont pesé sur le scrutin, selon l’enquête électorale d’Associated Press. La nouvelle majorité démocrate disposera de moyens parlementaires renforcés pour contrôler l’action de l’administration.
Sur le dossier iranien, Donald Trump maintient un discours mêlant ouverture diplomatique et menace militaire. Dans un entretien au Financial Times mardi, avant la fermeture des bureaux de vote, il a affirmé que les États-Unis ne prévoyaient pas de nouvelles frappes dans l’immédiat.
« Nous semblons obtenir tout ce que nous voulons », a-t-il assuré au sujet des négociations indirectes avec Téhéran. « Nous sommes prêts à agir si nécessaire, mais il n’y aura peut-être aucune raison de le faire », a-t-il ajouté.
Le président américain a également affirmé que les États-Unis n’étaient « pas vraiment en guerre » avec l’Iran, mettant en avant les opérations militaires précédentes, qui auraient, selon lui, anéanti les capacités nucléaires iraniennes. Il a toutefois reconnu que le sort des stocks d’uranium enrichi restait en discussion et exprimé son insatisfaction à l’idée qu’ils demeurent enfouis sous des décombres.
Le vice-président J. D. Vance a lui aussi affiché son optimisme, évoquant dimanche « plusieurs bonnes conversations avec les Iraniens », après trois jours de discussions entre des responsables iraniens et des médiateurs qataris à Doha. « Le président et moi sommes plutôt confiants quant à la possibilité de parvenir à un règlement négocié », a-t-il déclaré.
Cette appréciation contraste avec celle d’un haut responsable iranien, qui a affirmé mardi à Reuters que les deux pays restaient loin d’un accord pour mettre fin au conflit.
Les tensions demeurent fortes dans le détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la révolution ont affirmé mercredi que quatre pétroliers avaient été détruits après avoir heurté des mines sur une route qu’ils qualifient d’interdite, et que deux autres navires avaient été saisis. Ils ont également revendiqué la destruction d’un drone MQ-9 de fabrication américaine. Ces bilans n’ont pas été confirmés de manière indépendante dans les informations rapportées. www.internazionale.it
Ces annonces interviennent après des frappes américaines sur l’île iranienne de Qeshm, présentées par des responsables américains comme limitées et défensives, sans constituer une reprise des opérations de combat à grande échelle.
L’incertitude se répercute sur les marchés énergétiques. Mercredi à 5h10 GMT, le Brent progressait de 0,8 %, à 104,42 dollars le baril, tandis que le brut américain WTI gagnait 0,5 %, à 96,59 dollars, selon Reuters. Cette hausse faisait suite à un recul lors de la séance précédente, sur fond d’efforts diplomatiques.
En Europe, Ursula von der Leyen a évalué à 127 milliards d’euros le surcoût des importations d’énergies fossiles depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, sans apport supplémentaire d’énergie. La présidente de la Commission européenne a souligné mardi à Bruxelles le coût de la dépendance européenne au pétrole et au gaz importés.