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Menace chimique iranienne : les renseignements israéliens ne convainquent pas Washington (NYT)
Selon le NYT, Israël a alerté les Etats-Unis sur une possible menace chimique iranienne, mais certains responsables américains soupçonnent une manœuvre destinée à relancer la guerre.


Les renseignements transmis par Israël aux États-Unis sur une éventuelle utilisation d’armes chimiques par l’Iran suscitent de profondes divisions au sein de l’administration Trump. Selon une enquête du *New York Times* publiée le 3 novembre, certains responsables américains prennent ces avertissements très au sérieux, tandis que d’autres y voient une tentative du Premier ministre Netanyahou d’entraîner Washington dans une nouvelle offensive militaire contre Téhéran.
Au cours des deux dernières semaines, des responsables israéliens auraient même présenté cette menace comme plus urgente que les ambitions nucléaires iraniennes.
D’après le quotidien américain, les services israéliens affirment que l’Iran accélère ses efforts pour rendre opérationnelles des armes chimiques, susceptibles d’être embarquées sur des missiles, transportées par des drones ou introduites clandestinement sur le territoire israélien. Au cours des deux dernières semaines, des responsables israéliens auraient même présenté cette menace comme plus urgente que les ambitions nucléaires iraniennes.
Mais ces évaluations sont loin de faire l’unanimité. Plusieurs responsables américains s’interrogent sur les intentions réelles de Jérusalem. Les informations communiquées à certains pays du Golfe auraient également été accueillies avec scepticisme. Selon une source régionale citée par le *New York Times*, Israël n’aurait présenté aucune preuve concrète à ses interlocuteurs, se contentant d’exposer ses propres analyses.
Pour certains responsables du renseignement américain, ces accusations rappellent les erreurs commises avant l’invasion de l’Irak en 2003. À l’époque, Washington avait affirmé avec certitude que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, sur la base de renseignements qui se sont révélés erronés.
Le dossier iranien présente néanmoins des particularités. Les agences américaines estiment depuis longtemps que Téhéran poursuit des recherches sur les armes chimiques. En 2024, la direction du renseignement national américain avait ainsi évoqué la poursuite probable de travaux sur des agents chimiques et biologiques à des fins offensives.
La véritable controverse porte donc moins sur l’existence de capacités iraniennes que sur la volonté de Téhéran de les employer. Dana Stroul, ancienne haute responsable du Pentagone citée par le quotidien, rappelle que l’Iran dispose depuis plus de vingt ans de composants destinés à ces armes sans les avoir utilisés. Elle estime toutefois qu’un régime se sentant menacé dans son existence pourrait franchir ce seuil.
L’Iran, qui nie posséder des armes chimiques, conserve par ailleurs le traumatisme de leur utilisation massive par l’Irak de Saddam Hussein pendant la guerre des années 1980. Selon des experts iraniens cités par le journal, ces attaques ont tué des milliers de personnes et laissé environ 100 000 victimes souffrant de séquelles durables.
Ces révélations interviennent à un moment particulièrement sensible. Après huit mois de guerre, Washington et Téhéran oscillent entre négociations diplomatiques et préparation d’une nouvelle confrontation. Selon le New York Times, le commandement militaire américain dispose d’un plan permettant de lancer des frappes contre l’Iran dès le mercredi 4 novembre, au lendemain des élections de mi-mandat. Trois porte-avions américains sont déployés dans la région, accompagnés d’importants moyens aériens. Interrogé par le New York Times, le bureau de Netanyahou assure qu’Israël surveille étroitement toutes les menaces iraniennes et se tient prêt à y répondre.