- i24NEWS
- International
- Azerbaïdjan : des responsables juifs appellent Israël à renoncer à la reconnaissance du génocide arménien
Azerbaïdjan : des responsables juifs appellent Israël à renoncer à la reconnaissance du génocide arménien
Ils estiment qu'une telle décision risquerait de fragiliser les relations entre Israël et l'Azerbaïdjan


Des dirigeants des principales communautés juives d'Azerbaïdjan ont appelé les membres de la Knesset à ne pas soutenir les initiatives visant à reconnaître officiellement le génocide arménien, estimant qu'une telle décision risquerait de fragiliser les relations entre Israël et l'Azerbaïdjan.
Dans une lettre adressée aux parlementaires israéliens, les représentants des communautés juive des montagnes, ashkénaze et séfarade de Bakou ont affirmé que les questions historiques complexes devaient être examinées par les chercheurs et les historiens plutôt que tranchées par des décisions politiques. Le document est notamment signé par Milikh Yevdayev, président de la communauté juive des montagnes, Alexander Sharovsky, à la tête de la communauté ashkénaze, et le rabbin Zamir Isayev, dirigeant de la communauté séfarade.
Les auteurs de la lettre mettent en garde contre les conséquences diplomatiques d'une telle reconnaissance, estimant qu'elle pourrait éroder la confiance entre Jérusalem et Bakou au moment même où des efforts sont menés pour faire avancer un accord de paix entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie.
Dans des déclarations au média JNews, le rabbin Isayev a souligné que les débats historiques ne devraient pas être transformés en instruments politiques. Selon lui, ce type de décision risque de déplacer des controverses relevant du domaine académique vers le champ des affrontements diplomatiques.
Les critiques ont également trouvé un écho en Israël. Le professeur Efraim Inbar, président du Jerusalem Institute for Strategy and Security, a qualifié cette reconnaissance d'erreur susceptible de nuire aux intérêts stratégiques israéliens. Intervenant sur les ondes de Kol Barama, il a estimé qu'Israël devait privilégier ses intérêts sécuritaires et géopolitiques plutôt que des démarches symboliques susceptibles d'affaiblir ses partenariats régionaux.
Cette prise de position intervient après les protestations officielles des autorités azerbaïdjanaises, qui ont déjà averti qu'une reconnaissance du génocide arménien pourrait affecter les relations bilatérales avec Israël. Bakou a appelé le gouvernement israélien à reconsidérer sa décision.
Fait notable, le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a lui aussi exprimé des réserves quant à l'utilisation de la question du génocide arménien comme outil politique sur la scène internationale, alimentant un débat qui dépasse largement le cadre des relations entre Israël et l'Arménie.