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La Russie incapable de compenser un éventuel déficit mondial d’engrais lié au conflit avec l’Iran
Malgré son statut de premier exportateur mondial d’engrais, la Russie ne serait pas en mesure de compenser une éventuelle pénurie mondiale provoquée par la guerre entre les États-Unis et l’Iran.


Les producteurs d’engrais russes ne pourront pas combler un éventuel déficit mondial lié au conflit entre les États-Unis et l’Iran, ont indiqué plusieurs sources industrielles à Reuters, évoquant des contraintes importantes qui limitent la capacité du pays à augmenter sa production.
La guerre au Moyen-Orient a provoqué l’arrêt de plusieurs usines d’engrais dans la région, tout en perturbant fortement les routes maritimes passant par le détroit d’Ormuz, un corridor stratégique par lequel transite environ un tiers du commerce mondial d’engrais.
Bien que la Russie représente environ 20 % du commerce mondial d’engrais, plusieurs facteurs empêchent une augmentation rapide de l’offre. Les capacités de production sont déjà largement utilisées, tandis que des plafonds d’exportation imposés par le gouvernement et les attaques ukrainiennes contre certaines installations industrielles ont également réduit les marges de manœuvre du secteur.
Selon une source proche de l’industrie, les nouvelles usines orientées vers l’exportation ne devraient pas entrer en service avant 2027, ce qui limite toute réponse rapide à un choc d’approvisionnement mondial.
« Sur le papier, la hausse des prix peut sembler positive, mais les producteurs russes sont contraints par leurs obligations d’approvisionnement du marché intérieur, surtout à l’approche de la saison des semis », a expliqué une autre source.
Les entreprises du secteur se concentrent actuellement sur la satisfaction de la demande nationale, ce qui réduit encore leur capacité à augmenter leurs exportations.
Selon une troisième source, la Russie pourrait éventuellement combler une partie du déficit à court terme, mais remplacer durablement les volumes fournis par le Moyen-Orient serait extrêmement difficile.
Cette situation pourrait accentuer les tensions sur les marchés agricoles mondiaux, les engrais étant essentiels à la production alimentaire.