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La Russie, la Chine et l'Iran mènent un exercice naval en Afrique du Sud
Les trois pays déploient leurs forces dans un contexte diplomatique tendu, une initiative présentée par Pretoria comme strictement technique.


Un navire de guerre russe a rejoint, vendredi, des bâtiments chinois et iraniens dans les eaux sud-africaines pour un exercice naval multinational organisé sous l’égide des Brics+, une initiative qui risque de raviver les tensions entre Pretoria et Washington.
Les manœuvres, baptisées « Volonté de paix », doivent se poursuivre jusqu’au 16 janvier et sont officiellement présentées par l’armée sud-africaine comme des « actions conjointes visant à assurer la sécurité du transport maritime ».
Face aux spéculations internationales, le ministère sud-africain de la Défense a tenu à désamorcer toute lecture géopolitique immédiate. « Cela n’a absolument rien à voir avec le Venezuela », a assuré un porte-parole, alors que les États-Unis ont récemment multiplié les saisies de navires russes et procédé à l’arrestation de l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro. Selon Pretoria, l’exercice était planifié dès 2025 et avait été repoussé en raison du sommet du G20 organisé à Johannesburg.
Ces manœuvres interviennent toutefois dans un contexte diplomatique délicat. Les relations entre l’Afrique du Sud et les États-Unis se sont nettement dégradées depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, ce dernier accusant régulièrement les Brics+ de mener des politiques « anti-américaines ». Washington avait d’ailleurs boycotté le récent sommet du G20 tenu en Afrique du Sud.
Pour Priyal Singh, chercheur à l’Institut d’études sur la sécurité de Pretoria, l’image de ces exercices sera probablement exploitée à Washington « comme un exemple illustrant pourquoi les relations bilatérales avec l’Afrique du Sud devraient être réévaluées ».
Outre la Russie, la Chine et l’Iran, les Émirats arabes unis doivent également participer, tandis que plusieurs autres pays des Brics+ – dont le Brésil, l’Indonésie et l’Éthiopie – enverront des observateurs. En Afrique du Sud même, l’opposition libérale de l’Alliance démocratique a dénoncé des manœuvres « contraires à la neutralité affichée du pays » et susceptibles de nuire à sa réputation internationale.