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La stratégie de l'Iran pour fragiliser Trump avant les élections de mi-mandat
Téhéran maintient une pression militaire et diplomatique susceptible d’alourdir le coût de la guerre pour les États-Unis


L’Iran entend transformer la crise énergétique en arme politique contre Donald Trump. Selon des responsables iraniens et des diplomates cités par The Washington Post et Reuters, Téhéran cherche à peser sur les élections américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre, en maintenant une pression militaire et diplomatique susceptible d’alourdir le coût de la guerre pour les États-Unis. L’objectif est de fragiliser le président américain et son Parti républicain à l’approche du scrutin.
La stratégie iranienne passe notamment par le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Les Gardiens de la révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient été touchés par des mines dans les eaux territoriales omanaises. Ces incidents s’ajoutent à une série d’attaques contre des navires dans la région au cours des derniers jours.
Selon les données citées par The Washington Post, plus de vingt navires ont été attaqués depuis le début du mois d’octobre. Les risques pesant sur le transport maritime contribuent à la hausse des cours : le baril de Brent a dépassé les 111 dollars ce mardi.
Pour les responsables iraniens cités par le quotidien américain, la période précédant les élections constitue une fenêtre d’opportunité. Des prix élevés à la pompe pourraient en effet accentuer le mécontentement des électeurs américains envers l’administration Trump, déjà confrontée aux conséquences économiques du conflit.
En parallèle, Téhéran ne ferme pas complètement la porte à la diplomatie. Le maréchal pakistanais Asim Munir, chef de l’armée pakistanaise et intermédiaire dans les discussions, est arrivé à Téhéran ce mardi pour rencontrer des responsables iraniens. Le Qatar participe également aux efforts de médiation et affirme que les échanges entre Washington et Téhéran se poursuivent.
Selon plusieurs informations, une proposition de compromis porterait notamment sur le déblocage de six milliards de dollars de fonds iraniens gelés dans des banques qataries. Cette initiative aurait reçu un accueil favorable de l’Iran et l’approbation américaine, mais aucun accord définitif n’a été annoncé.
D’après Reuters, plusieurs responsables iraniens estiment qu’un accord rapide pourrait offrir à Donald Trump une victoire politique avant le scrutin. Téhéran chercherait donc à maintenir le rapport de force plutôt qu’à consentir immédiatement aux concessions demandées par Washington. L’Iran entend également faire comprendre aux futurs dirigeants américains qu’une guerre contre lui entraîne un coût politique intérieur élevé.
Sur le terrain, les tensions restent élevées. Selon Fox News, le porte-avions américain Theodore Roosevelt devrait rejoindre la région d’ici à la fin novembre, renforçant le dispositif militaire des États-Unis au Moyen-Orient.
Téhéran affirme se préparer à une reprise des frappes américaines et israéliennes. Le conseiller iranien à la sécurité nationale, Mohsen Rezaei, a par ailleurs menacé des infrastructures régionales, notamment des centres de données, des installations d’intelligence artificielle et des câbles de communication sous-marins, en cas de guerre généralisée.