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Le Pentagone met l’OTAN sous pression
Malgré l’augmentation des dépenses militaires européennes, le secrétaire américain à la Défense a annoncé un examen des performances des alliés de l’OTAN.


Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a provoqué la surprise à Bruxelles en annonçant un examen approfondi des performances des alliés de l’OTAN, tout en critiquant sévèrement les pays européens. Une initiative qui intervient alors même que l’Europe accélère depuis plusieurs années ses efforts de réarmement face à la menace russe.
Lors d’une réunion des ministres de la Défense de l’Alliance, Hegseth a dénoncé une OTAN devenue selon lui un « tigre de papier » et reproché à plusieurs alliés de ne pas assumer suffisamment leurs responsabilités. Il a également annoncé une évaluation de six mois qui pourrait influencer le niveau de présence militaire américaine en Europe ainsi que la contribution financière des États-Unis aux structures communes de l’OTAN.
Pourtant, de nombreux responsables européens estiment que les critiques américaines ignorent les progrès déjà réalisés. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, les pays européens ont considérablement augmenté leurs budgets militaires, renforcé leur industrie de défense et investi dans les drones, les systèmes de défense aérienne et les armements de longue portée.
Selon le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, les alliés européens et le Canada dépenseront en 2025 plus de 90 milliards de dollars supplémentaires pour leur défense par rapport à l’année précédente. Plusieurs pays ont également pris davantage de responsabilités au sein de l’Alliance et dans le soutien militaire à l’Ukraine.
Les contours exacts de l’examen annoncé par Washington restent flous. Pete Hegseth a évoqué la question du stationnement des forces américaines en Europe ainsi que l’accès aux bases et à l’espace aérien des pays alliés.
Pour certains experts, cette approche risque d’affaiblir la confiance entre alliés. Ils estiment que les décisions relatives à la défense collective devraient être guidées par les besoins stratégiques et militaires, et non servir d’outil de pression politique. À quelques semaines du sommet de l’OTAN en Turquie, les tensions transatlantiques semblent loin d’être dissipées.