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ONU : Rebeca Grynspan, candidate juive proche d'Israël, conforte son avance pour succéder à Antonio Guterres
La diplomate a obtenu jeudi 12 voix favorables contre trois défavorables lors d'un nouveau vote informel organisé à huis clos au Conseil de sécurité


L'ancienne vice-présidente du Costa Rica, Rebeca Grynspan, renforce sa position de favorite dans la course au poste de secrétaire générale des Nations unies. Selon des sources proches du processus de sélection interrogées par Reuters, la diplomate a obtenu jeudi 12 voix favorables contre trois défavorables lors d'un nouveau vote informel organisé à huis clos au Conseil de sécurité. Il s'agit de son meilleur résultat depuis le début des consultations destinées à désigner le successeur d'Antonio Guterres, dont le deuxième et dernier mandat s'achève à la fin de l'année.
Âgée de 70 ans, Rebeca Grynspan pourrait devenir la première femme, mais aussi la première personnalité juive, à diriger l'ONU. Issue d'une famille de réfugiés de la Shoah, elle entretient des liens personnels et familiaux avec Israël. Elle a également développé des relations avec plusieurs organisations juives internationales. Sa candidature revêt ainsi une dimension particulière dans un contexte de tensions persistantes entre Israël et les Nations unies.
Le dernier scrutin confirme son avance sur ses principaux concurrents. Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), arrive en deuxième position avec neuf voix favorables, devant l'ambassadrice du Guyana auprès de l'ONU, Carolyn Rodrigues-Birkett, qui en recueille huit. La diplomate émiratie Lana Nusseibeh, entrée plus tardivement dans la compétition, se classe quatrième avec sept soutiens, six votes défavorables et deux abstentions d'opinion. Rebeca Grynspan a désormais terminé en tête de sept des huit consultations organisées ces derniers mois.
Cette avance ne garantit toutefois pas sa nomination. Pour être officiellement recommandée, une candidature doit recueillir au moins neuf voix au Conseil de sécurité et ne faire l'objet d'aucun veto de l'un de ses cinq membres permanents : les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine. Le scrutin de jeudi n'a pas permis de connaître précisément les positions de ces cinq puissances, dont l'accord sera déterminant.
Le futur secrétaire général héritera d'une organisation confrontée à de profondes difficultés : multiplication des conflits internationaux, réduction des contributions financières américaines et affaiblissement de l'influence diplomatique des Nations unies. La tradition de rotation géographique favorise cette fois une candidature latino-américaine. Rebeca Grynspan, qui dirige actuellement la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a récemment plaidé pour une ONU moins réticente à prendre des risques diplomatiques, estimant que son prochain dirigeant devra accepter la possibilité d'échecs pour tenter de restaurer l'efficacité de l'organisation.