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Spécial week-end | La fin de la culture "woke" a-t-elle libéré une nouvelle vague d'antisémitisme ?
Le recul de la culture « woke » n'a pas apaisé les tensions idéologiques en Occident. Au contraire, il aurait ouvert la voie à une banalisation des discours extrémistes, notamment de l'antisémitisme.


Le journaliste Ron Tsur soutient que le déclin de la culture « woke » n'a pas marqué un retour à la modération, mais a laissé place à une contre-culture plus radicale où les discours de haine se banalisent, en particulier l'antisémitisme.
Il rappelle que le terme « woke », apparu au sein de la communauté afro-américaine pour dénoncer le racisme, s'est progressivement élargi à la lutte contre les discriminations. Selon lui, ce mouvement a ensuite évolué vers une vision opposant systématiquement « oppresseurs » et « opprimés », dans laquelle Israël et les Juifs auraient été assimilés au camp des dominants.
Il estime que cette grille de lecture a favorisé, après le 7 octobre 2023, une recrudescence de manifestations hostiles à Israël dans les universités et les grandes villes occidentales. Il évoque également le concept d'« intersectionnalité », qui, selon lui, a contribué à rapprocher différentes causes militantes, permettant à des groupes radicaux de gagner en visibilité.
Il affirme par ailleurs que certains médias et milieux universitaires ont participé à cette évolution en minimisant ou en requalifiant certaines expressions antisémites. Il cite notamment la BBC et critique ce qu'il considère comme une lecture idéologique des conflits.
Mais, selon lui, la disparition progressive de la culture « woke » n'a pas fait reculer les extrémismes. Au contraire, elle aurait favorisé l'émergence d'une contre-culture qui revendique un rejet des normes et du « politiquement correct », où les symboles nazis, les croix gammées, les propos antisémites, mais aussi les discours islamophobes, misogynes et homophobes circuleraient de plus en plus librement sur les réseaux sociaux.
Le journaliste cite plusieurs personnalités conservatrices américaines comme exemples de cette évolution, tout en estimant que les extrêmes de droite comme de gauche convergent aujourd'hui dans une même banalisation de la haine des Juifs.
Il conclut que la disparition des garde-fous imposés par la culture « woke » n'aurait pas rétabli un débat apaisé, mais ouvert la voie à une radicalisation du discours public et à une montée des discours extrémistes.