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Australie : un prestigieux festival littéraire annulé après l'exclusion d'une écrivaine palestinienne
Environ 180 écrivains avaient retiré leur participation pour protester contre la suspension de l'auteure controversée Randa Abdel Fattah


Le prestigieux Festival des écrivains d'Adélaïde ne se tiendra pas cette année. L'annonce est tombée ce mercredi, au terme d'une crise sans précédent : environ 180 écrivains ont retiré leur participation pour protester contre la suspension de Randa Abdel Fattah, écrivaine et chercheuse palestino-australienne. Face à ce boycott massif, la direction du festival a démissionné.
L'événement, qui attire chaque année près de 200 000 visiteurs et devait ouvrir ses portes fin février, laisse place à une polémique qui enflamme l'Australie
Selon la direction démissionnaire, la décision de suspendre Randa Abdel Fattah avait été prise "par égard pour la sensibilité du public et de la communauté", à la suite de l'attentat antisémite meurtrier de Bondi qui a fait 15 victimes. L'écrivaine est en effet connue pour ses positions radicalement critiques envers Israël, qu’elle accuse de mener un « génocide » à Gaza. En avril 2024, elle avait suscité une vive controverse en organisant une marche d’enfants vers un campement pro-palestinien à l’Université de Sydney, événement dénoncé par ses détracteurs comme une instrumentalisation de mineurs.
Dans son communiqué annonçant l'annulation du festival, la direction a présenté ses excuses à l'écrivaine "pour la manière dont la décision a été présentée", sans toutefois revenir sur la suspension elle-même. L'initiative s'inscrit dans un contexte de durcissement des autorités publiques australiennes face au discours pro-palestinien débridé, dénoncé par beaucoup comme une forme d'incitation à l'origine de l'attaque de Bondi et des nombreux actes antisémites recensés en Australie depuis le 7 octobre.
Randa Abdel Fattah a rejeté catégoriquement les excuses de la direction du festival, les qualifiant d'"insulte à l'intelligence du public". "Le conseil d'administration a donné une véritable leçon d'hypocrisie, de manipulation et de diffamation", a-t-elle déclaré, affirmant que cette décision avait été prise sous la pression de "groupes de pression pro-israéliens et de donateurs clés".