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Italie : vers une loi sur la restitution des œuvres d’art spoliées pendant la Shoah
Contrairement à d’autres pays européens, Rome ne disposait jusqu’ici d’aucune procédure claire et structurée, laissant de nombreuses familles de victimes face à d’importants obstacles juridiques


Après des années de blocage, l’Italie a engagé un processus législatif visant à encadrer la restitution des œuvres d’art et biens culturels spoliés pendant la Shoah. Contrairement à d’autres pays européens, Rome ne disposait jusqu’ici d’aucune procédure claire et structurée, laissant de nombreuses familles de victimes des persécutions nazies et fascistes face à d’importants obstacles juridiques.
La proposition de loi a récemment été présentée devant la commission de la Culture, des Sciences et de l’Éducation de la Chambre des députés italienne. Le texte prévoit de donner au gouvernement italien le pouvoir de mettre en place un mécanisme de restitution pour les œuvres d’art et biens culturels confisqués, pillés ou perdus à la suite des persécutions antisémites liées aux lois raciales fascistes instaurées en Italie à partir de 1938, ainsi qu’aux persécutions nazies depuis l’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne en 1933.
La commission de la Culture du Parlement italien est dirigée par Federico Mollicone, haut responsable du parti au pouvoir. L’initiative est saluée par l’Organisation juive mondiale pour la restitution des biens, la WJRO, qui a participé à la promotion de cette législation inédite en Italie.
"Nous saluons cette initiative et estimons que cette proposition de loi offre une occasion historique de rendre enfin justice aux victimes des persécutions nazies et fascistes ainsi qu’à leurs héritiers", a déclaré Gideon Taylor, président de la WJRO.
Cette avancée intervient alors qu’un autre développement important a récemment eu lieu en Suisse, où les autorités ont décidé d’ouvrir au public les archives de Josef Mengele. Pendant des années, l’accès aux documents liés au criminel nazi et à son séjour en Suisse avait été refusé afin, selon les autorités, de protéger des sources de renseignement et des informations sensibles. Après un recours déposé par plusieurs parlementaires, il a été décidé que le public pourrait consulter certains documents, sous réserve de conditions et de restrictions qui seront précisées ultérieurement.