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Le Luxembourg ferme à Israël un important canal de financement dans l’Union européenne
Le régulateur financier luxembourgeois mettra fin à cette procédure le 1er septembre, laissant Israël à la recherche d’un nouveau pays européen pour autoriser ses émissions obligataires.


Le Luxembourg cessera, à compter du 1er septembre 2026, d’approuver les prospectus nécessaires à la commercialisation des Israel Bonds dans l’Union européenne. Cette décision rend incertain l’avenir de ces obligations souveraines israéliennes sur le marché européen.
Destinés principalement aux membres de la diaspora juive et aux organisations favorables à Israël, les Israel Bonds constituent l’un des moyens de financement de l’État hébreu. Selon le ministère israélien des Finances, leur commercialisation a permis de lever plus de 2,5 milliards de dollars en 2025, soit un montant proche de celui enregistré en 2024. La part provenant de l’Union européenne reste toutefois minoritaire.
Conformément au droit européen, le prospectus d’une émission obligataire proposée dans l’Union par un pays tiers doit être approuvé par l’autorité compétente d’un État membre. Le Luxembourg remplissait cette fonction pour Israël depuis août 2025, après avoir remplacé l’Irlande.
Avant le Brexit, les autorisations étaient délivrées au Royaume-Uni. Le dispositif avait ensuite été transféré à Dublin, mais les critiques croissantes contre Israël liées à la guerre dans la bande de Gaza avaient entraîné une forte pression politique sur la Banque centrale irlandaise. Israël avait alors choisi le Luxembourg, important centre financier européen, pour poursuivre ces opérations.
Le régulateur luxembourgeois affirme que sa décision repose sur une interprétation technique des règles européennes. Selon lui, le transfert répété de la responsabilité d’approuver les prospectus d’un État membre à un autre ne devrait intervenir que dans des circonstances exceptionnelles.
Cette lecture est cependant contestée par l’Autorité européenne des marchés financiers. Sollicitée par le Luxembourg Times, celle-ci a indiqué qu’aucune disposition n’empêchait un régulateur national d’accepter une telle demande plusieurs années de suite.
Malgré cette divergence, l’autorité luxembourgeoise présente sa décision comme définitive. Elle continuera d’approuver les prospectus israéliens jusqu’au 31 août, mais pas au-delà.
Le contexte politique pourrait également avoir pesé sur le dossier. Le Luxembourg figure parmi les pays européens les plus critiques envers la politique israélienne et soutient, avec l’Irlande et l’Espagne, une pression accrue sur Israël. Amnesty International a salué cette décision et appelé les autres États membres à adopter une position similaire.
Israël doit désormais trouver une nouvelle autorité financière au sein des Vingt-Sept. Un retour en Irlande paraît incertain : selon les médias irlandais, la Banque centrale du pays n’avait reçu, la semaine dernière, aucune nouvelle demande israélienne.
Jérusalem pourrait également se tourner vers un autre État membre jugé plus favorable, engager une procédure juridique contre la décision luxembourgeoise ou renoncer temporairement à commercialiser ces obligations dans l’Union européenne.
Le ministère israélien des Finances s’est voulu rassurant. Il affirme disposer de nombreux canaux de financement, sur les marchés locaux comme internationaux, et souligne avoir levé plus de 700 milliards de shekels depuis le début de la guerre. Selon lui, ces résultats témoignent de la confiance des investisseurs dans la solidité de l’économie israélienne.