Malgré les guerres et les boycotts, Israël pulvérise son record d’exportations
Les exportations israéliennes ont atteint 169 milliards de dollars en 2025, leur plus haut niveau jamais enregistré


Les exportations israéliennes ont atteint 169 milliards de dollars en 2025, leur plus haut niveau jamais enregistré, selon les chiffres du Bureau central des statistiques présentés mardi soir par David Neeman dans la Grande Édition d’i24NEWS. Ce résultat dépasse le précédent record établi en 2022 et témoigne de la résistance de l’économie israélienne malgré les conflits, les tensions géopolitiques et les campagnes de boycott.
Cette performance intervient malgré les guerres, les tensions géopolitiques, les appels au boycott et un environnement commercial international devenu plus difficile pour Israël. Invité à commenter ces résultats, l’économiste et spécialiste de la finance Daniel Gugenheim a estimé que la haute technologie avait joué un rôle déterminant.
"C’est ce qui a beaucoup aidé Israël", a-t-il affirmé, reprenant l’analyse du ministère de l’Économie. Selon lui, le réseau diplomatique et commercial israélien à l’étranger a également contribué à cette progression. "Le ministère de l’Économie a indiqué qu’il disposait de 55 bureaux économiques dans le monde entier et qu’il fallait aussi leur attribuer une partie de ce succès", a expliqué Daniel Gugenheim. Cinq nouvelles représentations devraient prochainement être ouvertes, notamment à Miami.
L’économiste a surtout insisté sur la place centrale occupée par l’innovation. "Le point très important, c’est la haute technologie", a-t-il souligné. Évoquant une récente étude internationale consacrée à l’intelligence artificielle, il a affirmé qu’Israël figurait parmi les cinq pays les plus avancés dans ce domaine, avec une note de 8,4 sur 10. "Israël est l’un des endroits où la concentration d’experts en intelligence artificielle est la plus importante au monde", a-t-il déclaré.
Cette dynamique a permis à l’économie israélienne de résister à ce que Daniel Gugenheim a qualifié de "volatilité de la vie israélienne", mais aussi à l’appréciation du shekel, qui tend à pénaliser les exportateurs. "Il y a également les problèmes géopolitiques, les sanctions et une Europe qui nous est moins favorable", a-t-il rappelé.
Face à ces difficultés, Israël aurait progressivement redessiné sa carte commerciale en se tournant davantage vers l’Asie. Les exportations ont notamment progressé vers le Vietnam, les Philippines, la Thaïlande, l’Inde et le Japon.
"Israël a compris que les pays asiatiques, notamment l’Inde, sont des pays d’avenir", a expliqué Daniel Gugenheim. "C’est là qu’il y aura le plus de croissance et que se trouvent les populations les plus importantes." Cette réorientation permettrait à l’État hébreu de compenser le recul ou le ralentissement de certains marchés occidentaux.
Si la technologie demeure la principale locomotive des exportations, l’industrie a également enregistré de bons résultats. "La tech, bien sûr, mais pas seulement : l’industrie surperforme elle aussi", a relevé David Neeman au cours de l’entretien.
Interrogé sur la possibilité de maintenir cette performance dans la durée, Daniel Gugenheim s’est montré optimiste. "Nous disposons déjà d’indications sur le premier semestre 2026 et nous constatons que la balance commerciale d’Israël reste déficitaire, mais moins qu’auparavant", a-t-il indiqué. "On observe également une nouvelle augmentation des exportations."
"Oui, je pense qu’il faut être optimiste", a conclu l’économiste, alors que plusieurs indicateurs économiques israéliens semblent poursuivre leur amélioration malgré un contexte régional particulièrement instable.