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Londres défend son embargo sur les produits de Judée-Samarie
Le Premier ministre britannique Andy Burnham affirme que les mesures ciblent la politique du gouvernement israélien et non la population du pays.


Le Premier ministre britannique Andy Burnham a défendu mardi la décision de son gouvernement d’interdire le commerce de produits issus des implantations israéliennes en Judée-Samarie, estimant que Londres devait agir pour préserver la solution à deux États.
« Nous annonçons des mesures ciblées et soigneusement évaluées, qui ne visent pas le peuple israélien, mais les politiques inacceptables de l’actuel gouvernement israélien », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Le Royaume-Uni a annoncé trois principales mesures : l’interdiction du commerce de marchandises provenant des implantations qu’il considère comme illégales, la reconnaissance formelle du caractère illégal de « l’occupation des territoires palestiniens » et des sanctions contre les personnes et entreprises qui soutiennent, facilitent ou tirent profit du développement des implantations.
Les sanctions viseront également des entreprises et des investisseurs impliqués dans le projet de construction E1, situé à proximité de Jérusalem. Andy Burnham estime que ce développement territorial compromettrait la continuité d’un futur État palestinien.
« Cela créerait une coupure au cœur de la Cisjordanie et anéantirait l’espoir de parvenir à une solution à deux États. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire », a-t-il déclaré.
Le dirigeant britannique a également annoncé une aide humanitaire supplémentaire pour Gaza. Tout en condamnant une nouvelle fois le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, il a affirmé que cette attaque ne justifiait pas, selon lui, les actions menées depuis par le gouvernement israélien à Gaza et en Judée-Samarie.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a annoncé en réponse la fermeture du consulat britannique à Jérusalem ainsi qu’une série de mesures contre Londres, prises en accord avec Benjamin Netanyahou.
Israël prévoit notamment d’exclure les représentants britanniques du Centre international de coordination pour Gaza à Kiryat Gat et de mettre fin aux activités britanniques de formation des forces de l’Autorité palestinienne en Judée-Samarie.
Douze élus et autres ressortissants britanniques accusés par Israël d’activités antisémites, hostiles au pays ou niant son droit à l’existence se verront également interdire l’entrée sur le territoire israélien.
Le président Isaac Herzog avait auparavant appelé Londres à renoncer à ces sanctions, les qualifiant de « grave erreur de calcul » et d’« ingérence flagrante » dans les élections israéliennes.
Le grand rabbin du Royaume-Uni, Ephraim Mirvis, a lui aussi vivement dénoncé la décision du gouvernement, évoquant « un jour sombre pour les Juifs britanniques » et estimant que ces mesures risquaient de légitimer les discours hostiles à Israël plutôt que de favoriser la paix.
Andy Burnham a rejeté tout amalgame entre la politique israélienne et la communauté juive britannique. « Tenir les Juifs britanniques pour responsables des actions du gouvernement de Benjamin Netanyahou est de l’antisémitisme, tout simplement », a-t-il affirmé.