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Autorité palestinienne : “Nous n’avons plus d’argent, nous sommes au bord de l’effondrement”
Privée depuis dix mois de la majorité de ses recettes fiscales, l’Autorité palestinienne alerte sur un risque d’effondrement budgétaire imminent.


Le ministre palestinien des Finances, Astephan Salameh, a alerté jeudi sur la situation budgétaire « très dangereuse » de l’Autorité palestinienne (AP), affirmant que celle-ci menace désormais sa capacité à assurer les services publics essentiels.
Lors d’une conférence de presse à Ramallah, le responsable a indiqué que cela faisait « dix mois consécutifs » que l’AP ne recevait plus les recettes fiscales collectées pour son compte. Selon lui, Israël retiendrait actuellement environ 4,4 milliards de dollars issus des taxes palestiniennes.
En vertu des accords en vigueur, Israël perçoit des droits de douane et taxes sur les marchandises destinées aux territoires administrés par l’AP, avant de les reverser. Une partie de ces montants est toutefois gelée ou déduite, notamment en application de la législation israélienne visant à compenser les versements effectués par l’Autorité palestinienne aux familles de détenus condamnés pour des actes terroristes. En 2025, l’AP a modifié ses critères d’attribution de ces aides, désormais basés sur la situation socio-économique plutôt que sur la durée d’incarcération.
Pour Salameh, ces fonds représentent près de 70 % des recettes publiques. « Il n’existe aucune alternative. Nous ne pouvons pas survivre sans ces revenus », a-t-il déclaré, qualifiant la crise actuelle non de conjoncturelle, mais « d’existentielle ».
Selon lui, les institutions palestiniennes fonctionnent « dix crans en dessous du minimum », y compris dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la sécurité. L’AP aurait besoin d’environ un milliard de shekels par mois pour maintenir ce niveau réduit d’activité.
Sans les retenues fiscales, le déficit budgétaire 2025 aurait pu être limité à moins de 400 millions de shekels. Il dépasserait finalement 4,5 milliards, accentuant la fragilité financière de l’Autorité palestinienne.