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Des mosquées utilisées pour surveiller et réprimer les manifestants à Téhéran
Des forces de sécurité auraient utilisé plusieurs lieux de culte comme bases opérationnelles et positions de tir lors de la répression de janvier, selon une enquête d’Iran International.


Les forces de sécurité iraniennes auraient utilisé plusieurs mosquées de Téhéran pour déployer des agents, surveiller les manifestants et soutenir leurs opérations lors de la répression des rassemblements des 8 et 9 janvier, révèle une enquête d’Iran International.
Le média affirme s’appuyer sur des communications radio interceptées, des vidéos et plusieurs témoignages. Une conversation ferait notamment état du déploiement d’hommes et de matériel dans la mosquée Imam Hossein, située dans l’ouest de la capitale.
Des témoins ont rapporté une coupure d’électricité dans le quartier tandis que des drones de surveillance survolaient la zone. D’autres mosquées, notamment le long du boulevard Andarzgoo et à Qolhak, auraient également servi de points de rassemblement aux forces de sécurité.
Selon plusieurs récits, des agents positionnés à l’extérieur affrontaient les manifestants avant que d’autres hommes ne sortent des mosquées pour les frapper et les arrêter. Ces lieux de culte auraient ainsi servi de bases permettant de surveiller et de réprimer les rassemblements.
Plusieurs témoins affirment que les toits de certaines mosquées ont été utilisés comme postes d’observation ou positions de tir.
Près du boulevard Kashani, dans l’ouest de Téhéran, un témoin dit avoir vu plusieurs personnes sur le toit d’une mosquée. « Le bruit d’une grenade assourdissante a retenti. Une fois la foule dispersée, ils ont commencé à tirer depuis les hauteurs », a-t-il raconté.
Dans le quartier de Naziabad, au sud de la capitale, des manifestants auraient également essuyé des tirs provenant des toits de mosquées et de bases du Bassidj. Des vidéos obtenues par Iran International montrent par ailleurs des drones survolant les rassemblements.
Certains témoins disent avoir aperçu des agents surveiller la foule avec des caméras depuis l’intérieur des bâtiments. Des fenêtres auraient été brisées afin d’aménager des positions de tir.
Des manifestants réfugiés dans des immeubles et des parkings privés auraient également été poursuivis et frappés. Selon plusieurs témoignages, des blessés auraient été empêchés de quitter les lieux pour recevoir des soins.
Iran International précise ne pas avoir pu vérifier indépendamment l’ensemble des témoignages ni déterminer l’origine exacte de chaque tir visible ou audible dans les vidéos.
Des témoins ont également accusé les forces de sécurité d’avoir elles-mêmes endommagé ou incendié certaines mosquées afin d’en attribuer ensuite la responsabilité aux manifestants. Le média indique ne pas avoir été en mesure de confirmer ces accusations.
Cette enquête fait écho à de précédentes informations selon lesquelles des bâtiments civils auraient servi de bases opérationnelles pendant la répression. Dans la province voisine d’Alborz, une bibliothèque publique aurait notamment été utilisée comme dépôt de munitions, tandis que des écoles, des mosquées et le toit d’un cinéma auraient accueilli des forces armées.