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Espionnage iranien : comment Téhéran piège des Israéliens sur internet
Faux profils, promesses d’argent facile et recrutement progressif : l’Iran tente d’infiltrer la société israélienne en exploitant les failles humaines et numériques.


L’arrestation récente de quatre suspects en Israël, dont plusieurs soldats de Tsahal accusés d’espionnage au profit de l’Iran, illustre l’ampleur croissante d’une campagne clandestine menée par Téhéran contre l’État hébreu. Selon les autorités israéliennes, les suspects ont transmis des photographies et des informations sensibles concernant des infrastructures stratégiques, notamment une école de l’armée de l’air.
Dans une analyse consacrée à ce phénomène, le chroniqueur i24NEWS Matthieu Winding décrit une stratégie iranienne d’infiltration « low-cost », largement fondée sur les réseaux sociaux, les applications de messagerie et les campagnes de phishing.
Les services iraniens créent de faux profils d’Israéliens se présentant comme employeurs potentiels, recruteurs ou intérêts romantiques afin d’approcher leurs cibles. Des campagnes ont également été menées sur LinkedIn contre des fonctionnaires et responsables israéliens.
L’objectif est d’abord modeste : photographier une gare, un bâtiment public ou un site apparemment banal. Mais cette méthode évolue progressivement vers des demandes beaucoup plus sensibles.
Les experts israéliens parlent d’une « technique du salami », en référence aux méthodes utilisées durant la guerre froide : avancer étape par étape jusqu’à obtenir des informations stratégiques ou recruter pleinement la cible.
Dans l’affaire révélée vendredi, les suspects auraient commencé par photographier des lieux publics avant d’être chargés de documenter des caméras de surveillance, des installations militaires puis, selon les enquêteurs, d’acheter des armes.
Le Shin Bet mène actuellement une lutte active contre ces réseaux d’espionnage. Mais les autorités reconnaissent que certains collaborateurs iraniens pourraient encore être actifs en Israël.
Autre inquiétude soulevée par les analystes : les motivations financières des suspects. Selon Mathieu Wending, les profils recrutés sont variés, mais beaucoup sont de jeunes Israéliens confrontés à des difficultés économiques et attirés par « l’argent facile iranien ».
Les services de sécurité israéliens appellent désormais l’ensemble de la société à renforcer sa vigilance face à ce phénomène considéré comme un nouveau front discret de la guerre entre Israël et l’Iran.