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Iran : accusations d'injections forcées sur des prisonniers et de blessés exécutés
"Un massacre a eu lieu dans les rues, et un autre pourrait se dérouler silencieusement dans les prisons", avertit une militante pour la libération des détenus politiques


De nouveaux témoignages en provenance d’Iran font état de pratiques alarmantes dans les prisons, centres de détention et hôpitaux du pays, sur fond de répression violente contre les manifestations. Selon des informations relayées par le média d’opposition Iran International, des détenus recevraient de force des injections de substances inconnues, un phénomène qui serait lié à une multiplication de morts suspectes en détention.
Ces accusations sont notamment portées par Shiva Mahbobi, ancienne prisonnière politique et porte-parole d’une campagne pour la libération des détenus politiques. Elle affirme que son organisation recueille des témoignages concordants indiquant que des manifestants blessés sont privés de soins médicaux, voire soumis à des injections non identifiées pendant leur détention. « Un massacre a eu lieu dans les rues, et un autre pourrait se dérouler silencieusement dans les prisons », avertit-elle.
Selon ces sources, l’accès aux centres de détention est strictement contrôlé, les familles étant dissuadées de s’exprimer publiquement, tandis qu’aucune enquête médicale ou médico-légale indépendante n’est autorisée. Malgré ces obstacles, les militants évoquent un schéma systématique plutôt que des cas isolés. Des blessés arrêtés seraient régulièrement conduits en détention au lieu d’être hospitalisés, et plusieurs témoignages font état d’une dégradation rapide de leur état de santé après des injections reçues en garde à vue.
Un cas récent concerne une adolescente de 16 ans, arrêtée la semaine dernière et tombée dans le coma après une injection en détention. Des examens médicaux ont révélé des signes d’empoisonnement sans cause clairement identifiée. Elle n’a été libérée qu’après le paiement d’une lourde caution et reste hospitalisée en soins intensifs. D’autres cas similaires ont été signalés à Ispahan et dans les environs, dont celui d’une jeune femme décédée le lendemain de sa libération sous caution.
Les accusations ne se limitent pas aux prisons. Des témoins évoquent également des exécutions sommaires dans des hôpitaux, où des manifestants blessés auraient été enlevés par les forces de sécurité. Le Wall Street Journal a notamment rapporté le cas d’un adolescent blessé par balle, emmené vivant hors d’un hôpital avant d’être retrouvé mort quelques jours plus tard.
Ces récits rappellent ceux de la vague de protestations « Femme, Vie, Liberté » en 2022, durant laquelle plusieurs détenus étaient morts peu après leur libération, sans explication médicale claire. Des experts avaient alors mis en garde contre l’usage forcé de sédatifs ou de médicaments psychiatriques, dont l’arrêt brutal peut entraîner de graves complications.
Face à ces accusations, les organisations de défense des droits humains appellent la communauté internationale à exiger de Téhéran la transparence sur le sort des détenus et l’accès d’observateurs indépendants aux lieux de détention. « Si cela continue dans le silence, beaucoup ne sortiront jamais vivants », alerte Mahbobi.