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L'Iran a transféré 1,7 milliard de dollars à des groupes terroristes en cryptomonnaies via Binance
Le fondateur de Binance est déjà visé par des poursuites engagées par des familles américaines de victimes et d’otages du 7 octobre


La plateforme d’échange de cryptomonnaies Binance est au cœur d’une nouvelle controverse après une enquête du New York Times affirmant que 1,7 milliard de dollars ont transité l’an dernier vers des relais du régime iranien via plus de 1 500 comptes accessibles depuis l’Iran. Ces flux financiers pourraient constituer une violation des sanctions internationales visant Téhéran.
Selon le quotidien américain, des documents internes et des investigations menées au sein de l’entreprise montrent que des fonds auraient circulé depuis deux comptes principaux vers des entités liées à l’appareil sécuritaire iranien et à ses alliés régionaux. Binance affirme avoir supprimé les comptes concernés et informé les autorités compétentes, rejetant toute accusation de complicité délibérée. "Toute suggestion selon laquelle Binance aurait sciemment permis des activités sanctionnables est incorrecte et diffamatoire", a déclaré sa représentante Rachel Conlan.
Ces révélations interviennent alors que le fondateur de la plateforme, Changpeng Zhao, est déjà visé par des poursuites engagées par des familles américaines de victimes et d’otages du 7 octobre, qui l’accusent d’avoir permis à des organisations terroristes comme le Hamas, le Hezbollah ou le Jihad islamique palestinien, ainsi qu’aux Gardiens de la Révolution iraniens, de transférer plus d’un milliard de dollars via Binance. En 2023, Zhao a plaidé coupable pour des manquements aux règles de lutte contre le blanchiment d’argent. Il a toutefois été gracié en octobre par le président Donald Trump, qui a estimé qu’il avait été injustement poursuivi.
Sur le plan politique, l’affaire a conduit le sénateur démocrate Richard Blumenthal à ouvrir une enquête parlementaire. Dans une lettre adressée à la direction de Binance, il affirme que l’entreprise aurait ignoré des alertes internes concernant des schémas de blanchiment liés à l’Iran, y compris des transferts vers des portefeuilles associés aux Gardiens de la Révolution et à des réseaux contournant les sanctions pétrolières russes.
Le New York Times souligne par ailleurs que plusieurs responsables de la conformité ont quitté l’entreprise ces derniers mois, dont un gestionnaire des sanctions. Binance assure qu’aucun employé n’a été sanctionné pour avoir signalé des irrégularités.
Des experts en traçabilité blockchain estiment que nombre des transactions évoquées peuvent être vérifiées via les données publiques "on-chain". L’affaire relance le débat sur l’utilisation des cryptomonnaies par des États sous sanctions et sur la capacité des plateformes à empêcher les flux financiers illicites dans un contexte géopolitique tendu.