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Réarmement de la Syrie : Israël s’inquiète des intentions d’Ahmed al-Charaa
Les autorités israéliennes surveillent les efforts du président syrien pour reconstruire son armée et acquérir des systèmes susceptibles de limiter la liberté d’action de Tsahal.


L’appareil sécuritaire israélien s’inquiète de plus en plus des transformations engagées en Syrie par le président Ahmed al-Charaa, selon un haut responsable de la Défense cité par Walla et le Jerusalem Post.
D’après cette source, l’ancien chef djihadiste resterait profondément marqué par son idéologie passée, tout en menant une stratégie diplomatique particulièrement sophistiquée pour renforcer la légitimité de son régime auprès des États-Unis, des pays arabes sunnites modérés et de l’Europe.
« Il sait s’adresser séparément à chaque public et à chaque interlocuteur, et s’adapter à la situation », affirme le responsable.
La principale préoccupation d’Israël concerne les efforts persistants de Damas pour réarmer le pays. Ahmed al-Charaa chercherait à réhabiliter les bases militaires syriennes et à acquérir des systèmes d’armes capables de limiter la liberté d’action de Tsahal, notamment celle de l’armée de l’air.
Le régime syrien travaille également à reconstruire ses forces terrestres en formant des compagnies, des bataillons et des brigades. La création de divisions constituerait la prochaine étape de ce processus.
Selon le responsable israélien, les troupes syriennes ne disposent pas encore d’un niveau élevé de préparation opérationnelle. Plusieurs exercices à l’échelle d’une brigade auraient cependant déjà été organisés.
« Nous ne prenons aucun processus à la légère. Nous avons déjà vu ce que des pick-up sont capables de faire en Syrie, en Irak et surtout dans la bande de Gaza », prévient-il, dans une référence apparente à l’attaque du 7 octobre 2023.
Israël reproche également à Ahmed al-Charaa de permettre à des acteurs hostiles de s’implanter sur le territoire syrien sous couvert de « coopération » ou de missions de « conseil ».
Les relations entre Damas et Ankara seraient par ailleurs plus complexes qu’elles ne le paraissent. Si la Turquie a soutenu Ahmed al-Charaa dans son ascension, Recep Tayyip Erdogan chercherait désormais à obtenir des contreparties politiques et stratégiques. Une partie de l’entourage du président syrien accepterait difficilement cette influence turque.
Le régime syrien resterait parallèlement très hostile à l’Iran et au Hezbollah. Cette hostilité ne se serait pas encore traduite par des opérations militaires, mais par un renforcement des contrôles à la frontière syro-libanaise et par des restrictions visant les communautés chiites.
Des responsables israéliens n’excluent pas qu’en cas de nouvelle guerre civile au Liban, Ahmed al-Charaa tente d’intervenir sur le territoire libanais, notamment pour se venger du Hezbollah et de son rôle dans la guerre civile syrienne.
La progression des activités terroristes dans le sud de la Syrie constitue une autre source d’inquiétude pour Israël. Ces violences seraient liées aux rivalités entre clans, groupes confessionnels et différentes forces cherchant à remodeler la région.
Alors que le pouvoir syrien tente de stabiliser le pays, d’attirer des investissements étrangers et de gagner en légitimité internationale, Israël cherche encore à déterminer ses véritables intentions.
La question centrale demeure celle de la direction qu’Ahmed al-Charaa, passé de la tenue militaire au costume présidentiel, entend donner à la Syrie.