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Reza Pahlavi affirme que le régime iranien se fissure de l’intérieur


Depuis Toronto, l’opposant en exil assure que des responsables civils et militaires se détachent discrètement du pouvoir iranien.

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File photo of Reza Pahlavi
File photo of Reza PahlaviAvshalom Sassoni/Flash90

Le prince héritier iranien en exil Reza Pahlavi a affirmé samedi que des membres de l’appareil civil et militaire de la République islamique avaient commencé à prendre leurs distances avec le régime. Selon lui, l’opposition serait entrée dans une phase de « défection active ».

Devant plusieurs milliers de partisans réunis à Toronto dans le cadre du rassemblement « Cyrus le Grand II », le fils du dernier shah d’Iran a assuré que le mouvement d’opposition s’était réorganisé depuis la violente répression des manifestations de janvier.

Reza Pahlavi affirme que les opposants ont adapté leurs méthodes et développé de nouveaux réseaux à l’intérieur du pays, malgré les efforts de Téhéran pour présenter la contestation comme définitivement vaincue.

« Notre objectif est clair : renverser la République islamique et parvenir à un Iran libre et prospère », a-t-il déclaré.

Des responsables toujours en poste mais opposés au régime


Au cœur de son discours, Reza Pahlavi a évoqué l’érosion progressive du pouvoir iranien. Selon lui, des fonctionnaires, des responsables civils et des membres des forces armées auraient utilisé des canaux sécurisés pour entrer en contact avec l’opposition.

Certains resteraient officiellement en fonction tout en cessant progressivement d’accomplir les missions attendues par le régime. Cette résistance interne contribuerait, selon Pahlavi, à affaiblir les structures de répression de la République islamique.

Les défections publiques, notamment celles de soldats déposant les armes, n’interviendraient que dans une phase ultérieure, lorsque le rapport de force aura clairement basculé en faveur de l’opposition.


Ces affirmations n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Une décennie de contestation

Reza Pahlavi a replacé les manifestations de janvier dans un cycle de contestation plus large, amorcé selon lui il y a une dizaine d’années. Il a notamment cité les rassemblements de 2016, les mouvements de 2017 et 2018, les manifestations de novembre 2019 ainsi que le soulèvement national déclenché après la mort de Mahsa Amini en 2022.

Des marches ont également été organisées samedi par la diaspora iranienne dans plusieurs pays pour marquer le quatrième anniversaire de la mort de la jeune femme en détention.

Selon l’opposant, la répression massive des manifestations de janvier a contraint les forces hostiles au régime à modifier leurs méthodes, sans changer leur objectif politique. Le bilan de plus de 40 000 morts avancé par l’opposition n’a pas été confirmé de manière indépendante.

Un appel à l’union de l’opposition


Reza Pahlavi a rejeté l’argument selon lequel les divisions entre monarchistes, républicains, militants de gauche et de droite empêcheraient toute coopération.

Il a appelé les différentes tendances à se rassembler autour de quatre principes : l’intégrité territoriale de l’Iran, la séparation de la religion et de l’État, les libertés individuelles et l’égalité devant la loi, ainsi que l’organisation d’élections libres permettant aux Iraniens de choisir leur futur système politique.

L’opposant a également affirmé que des réseaux décentralisés opéraient désormais au sein de la société iranienne, compliquant les efforts des services de sécurité pour les démanteler.

Il a toutefois appelé ses partisans à ne pas considérer la chute de la République islamique comme imminente ou inévitable, soulignant qu’un changement de régime resterait un processus complexe comportant plusieurs étapes.

Pierre Poilievre appelle le Canada à renforcer la pression

Le rassemblement de Toronto a également réuni plusieurs personnalités politiques canadiennes, dont le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre.

Ce dernier a appelé Ottawa à renforcer la surveillance des personnes liées aux Gardiens de la révolution entrant sur le territoire canadien, à maintenir les sanctions ciblées et à empêcher le transfert au Canada d’avoirs appartenant à des responsables proches du régime iranien.

Le Canada a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran en 2012 et inscrit les Gardiens de la révolution sur sa liste des organisations terroristes en 2024.

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