- i24NEWS
- International
- Moyen-Orient
- Un député libanais ouvre la voie à une paix avec Israël
Un député libanais ouvre la voie à une paix avec Israël
Fouad Makhzoumi estime que le Liban pourrait rejoindre les accords d’Abraham après le désarmement du Hezbollah et le rétablissement de l’autorité de l’État.


Le Liban pourrait établir des relations diplomatiques avec Israël et rejoindre les accords d’Abraham à condition que le Hezbollah soit désarmé, a estimé le député sunnite libanais Fouad Makhzoumi dans un entretien accordé à Middle East 24.
« Je ne vois aucune raison pour laquelle nous ne pourrions pas signer la paix avec Israël », a-t-il déclaré. Selon lui, une telle évolution deviendrait possible lorsque le Liban aura désarmé les milices et empêché le Hezbollah d’utiliser son territoire comme base de lancement contre Israël.
Le député a notamment dénoncé l’absence de contrôle de l’État sur certaines frontières du pays, qui permettrait la circulation clandestine d’armes. Il avait déjà appelé l’armée libanaise à installer un poste de contrôle dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, afin de démontrer sa volonté de lutter contre les trafics d’armes.
Fouad Makhzoumi, fondateur du Parti du dialogue national et dirigeant du groupe Future Pipe Industries, estime que le redressement économique du Liban dépend également du démantèlement de « l’État parallèle » mis en place par le Hezbollah.
Pour restaurer la confiance des investisseurs, le pays devrait selon lui disposer d’une seule force armée, d’un cadre réglementaire équitable et d’une justice indépendante. Il appelle également à renforcer le système bancaire et à appliquer la même loi à tous.
Le député affirme que les capitaux étrangers ne reviendront pas tant que le Liban risquera d’être entraîné dans une guerre pour des motifs idéologiques. Le désarmement du Hezbollah et une paix avec Israël constitueraient ainsi, selon lui, deux conditions essentielles à la reconstruction du pays.
Attirer les investissements et faire revenir la diaspora
Un rapprochement avec Israël pourrait également favoriser de nouveaux investissements régionaux, notamment en provenance des Émirats arabes unis, signataires des accords d’Abraham. Une délégation émiratie de plus de 80 représentants s’est récemment rendue au Liban, où un protocole d’accord destiné à renforcer les relations économiques a été signé.
Fouad Makhzoumi affirme par ailleurs être en contact avec des investisseurs intéressés par le sud du Liban. Dans cette région, le Hezbollah a développé un vaste réseau social et économique en palliant les insuffisances de l’État dans les domaines de l’emploi, de la santé et de l’éducation.
Le député espère que de nouveaux investissements permettront également de faire revenir une partie de la diaspora libanaise. « Partout dans le monde, on trouve des Libanais qui ont réussi », a-t-il souligné, assurant que nombre d’entre eux seraient prêts à participer à la reconstruction de leur pays si la stabilité et l’État de droit étaient garantis.
La crise économique qui frappe le Liban depuis 2019 a provoqué une forte accélération de l’émigration, notamment parmi les jeunes diplômés. Cette fuite des compétences a particulièrement touché des secteurs essentiels, dont celui de la santé.