Aéroport Ben-Gourion : jusqu’à dix heures de retard pour le troisième jour consécutif
Les perturbations se poursuivent après la grève de vendredi. Le syndicat invoque un manque d’effectifs, tandis que sa responsabilité dans le chaos est contestée.


Les perturbations se poursuivent dimanche à l’aéroport international Ben-Gourion pour le troisième jour consécutif, dans le sillage de la grève menée vendredi à l’initiative du président du syndicat des employés de l’Autorité aéroportuaire israélienne, Pinchas Idan.
De nombreux vols à l’arrivée accusent des retards pouvant atteindre dix heures, tandis que certains départs sont décalés de plus de quatre heures, rapporte le Jerusalem Post.
Le syndicat attribue ces perturbations à un manque important de personnel. Selon lui, au moins 500 employés supplémentaires seraient nécessaires à l’aéroport et dans les infrastructures qui lui sont rattachées.
Pinchas Idan affirme notamment que le nombre de bagagistes est insuffisant, contraignant certains employés à effectuer des journées de douze heures en pleine vague de chaleur. Une partie des salariés serait par ailleurs mobilisée dans le cadre de son service de réserve au sein de Tsahal.
Ces affirmations sont toutefois contestées. Selon des informations obtenues par le média israélien Walla, le nombre de bagagistes aurait augmenté au cours des six dernières années, alors que la fréquentation de l’aéroport aurait diminué sur la même période.
Une source proche du dossier affirme également que le syndicat n’avait pas réclamé de nouveaux recrutements en 2019, année record pour le trafic de passagers à Ben-Gourion. Le syndicat rejette cette version.
Une autre source citée par Walla évoque une baisse de la motivation des employés permanents et appelle à modifier le modèle de fonctionnement de l’aéroport en coopération avec les représentants du personnel.
Interrogé samedi par la chaîne publique KAN, Pinchas Idan a refusé d’endosser la responsabilité des perturbations et a accusé la direction de l’aéroport d’être à l’origine du chaos. Il n’a pas souhaité préciser si les retards risquaient de se poursuivre durant la semaine.
La grève a également déclenché une confrontation politique. Benjamin Netanyahou a engagé une procédure visant à exclure Pinchas Idan du Likoud.
Dans une requête urgente déposée auprès du tribunal interne du parti, le Premier ministre a qualifié le mouvement de « grève politique et illégale » visant le Likoud, Benjamin Netanyahou lui-même et la ministre des Transports Miri Regev.
Pinchas Idan a rejeté ces accusations, affirmant n’avoir « jamais rien reçu du Likoud » au cours de sa vie.