Betsalel Smotrich annonce la fin du protocole d’Hébron concernant les sites juifs de la ville
Israël transfère à ses autorités les pouvoirs d’urbanisme sur l’enclave juive d’Hébron et ses lieux saints, dont le Caveau des Patriarches.


Le gouvernement israélien a finalisé une mesure transférant à des instances israéliennes les pouvoirs d’urbanisme et de construction exercés jusqu’à présent par la municipalité palestinienne d’Hébron sur l’enclave juive de la ville et plusieurs lieux saints.
L’annonce a été faite mardi par le ministre des Finances et ministre au sein du ministère de la Défense, Betsalel Smotrich, qui a déclaré : « Hier, nous avons annulé les accords d’Hébron. »
La décision a été entérinée lundi soir par le Conseil supérieur de planification, à la suite d’une résolution du cabinet de sécurité adoptée en février à l’initiative de Smotrich.
Selon les responsables israéliens, cette mesure met fin à un dispositif hérité du protocole d’Hébron de 1997, signé par le Premier ministre israélien de l’époque, Benjamin Netanyahou, et le président de l’OLP, Yasser Arafat, dans le cadre du processus d’Oslo.
Ville hautement sensible du conflit israélo-palestinien, Hébron est divisée depuis cet accord entre une zone sous contrôle palestinien (H1), qui représente environ 80 % de la ville, et une zone sous contrôle sécuritaire israélien (H2), où vivent plusieurs centaines de résidents juifs et où se trouvent des sites religieux majeurs, dont le Caveau des Patriarches.
Jusqu’à présent, certains projets de construction, de rénovation ou de développement concernant l’enclave juive et plusieurs sites religieux nécessitaient l’approbation de la municipalité palestinienne d’Hébron ou une autorisation politique exceptionnelle. Désormais, ces compétences seront exercées exclusivement par les autorités israéliennes.
La mesure concerne notamment le Caveau des Patriarches, le tombeau d’Abner ben Ner ainsi que les anciens cimetières séfarade et ashkénaze de la ville. Les travaux d’aménagement, d’accessibilité, d’infrastructures et de préservation pourront désormais être menés directement par les autorités israéliennes.
Selon les responsables impliqués dans le dossier, la municipalité d’Hébron cessera également de fournir certains services municipaux à l’enclave juive, notamment en matière de collecte des déchets ou de délivrance de permis de construire.
Lors d’une cérémonie organisée dans la nouvelle localité de Doran, dans les collines du sud d’Hébron, Smotrich a présenté cette décision comme « une correction historique » et une nouvelle étape dans le renforcement de la présence israélienne en Judée-Samarie.
« Pendant des années, l’une des clauses les plus absurdes des accords d’Oslo est restée en vigueur, avec des pouvoirs concernant la communauté juive d’Hébron et ses lieux saints dépendant de la municipalité d’Hébron », a-t-il déclaré.
Le ministre de la Défense, Israel Katz, présent lors de l’événement, a pour sa part affirmé qu’Israël continuait à « créer des faits sur le terrain », tout en réaffirmant son opposition à un retrait des zones de sécurité contrôlées par l’État hébreu.