Flottille pour Gaza : le parti d’Itamar Ben Gvir défend le traitement des militants arrêtés
Le porte-parole francophone d’Otzma Yehudit défend auprès d’i24NEWS la ligne du ministre, malgré les critiques de Benjamin Netanyahou et de Gideon Saar.


Après la polémique provoquée par les vidéos d’Itamar Ben Gvir face aux militants de la flottille pour Gaza arrêtés au port d’Ashdod, le parti du ministre israélien de la Sécurité nationale assume pleinement la séquence.
Dans ces images, plusieurs militants apparaissaient au sol, tandis qu’Itamar Ben Gvir agitait un drapeau israélien et les qualifiait de « soutiens du Hamas ». La scène avait suscité de vives critiques en Israël comme à l’étranger. Benjamin Netanyahou avait estimé que cette manière d’agir ne correspondait pas aux « valeurs et normes » de l’État d’Israël, tout en rappelant qu’Israël avait le droit d’empêcher des flottilles pro-Hamas d’atteindre Gaza.
Interrogé par i24NEWS, Meir Ben-Hayoun, porte-parole francophone d’Otzma Yehudit, le parti d’Itamar Ben Gvir, affirme que la visite du ministre au port d’Ashdod relevait de ses prérogatives. « En Israël, comme dans tous les pays, il y a plusieurs pouvoirs. Il y a le ministère de la Sécurité interne, l’équivalent du ministère de l’Intérieur en France », explique-t-il, rappelant qu’une fois les militants arrêtés, leur prise en charge relevait du ministère dirigé par Itamar Ben Gvir.
"La flottille ne relevait pas d’une opération humanitaire, mais d’un acte politique hostile à Israël. Ces flottilles ont un but : mettre Israël dans l’embarras et apporter un soutien au terrorisme", affirme Meir Ben-Hayoun. Il estime que l’aide humanitaire destinée à Gaza peut être acheminée « par les voies légales », sous contrôle israélien, afin d’empêcher l’entrée d’armes ou de matériel pouvant servir au Hamas.
Le porte-parole défend aussi la qualification de « soutiens du Hamas » employée par Itamar Ben Gvir. « Quand vous soutenez le terrorisme et que vous tentez de pénétrer les eaux territoriales d’Israël, le blocus qui constitue un élément essentiel dans la guerre contre le djihadisme, nous devons traiter ces gens-là comme des ennemis », déclare-t-il.
Face aux critiques de Benjamin Netanyahou, Meir Ben-Hayoun répond que les anciennes approches de retenue ont, selon lui, échoué. « Ce sont ces valeurs qui nous ont menés au 7 octobre : faire le dos rond, amener de l’argent dans la bande de Gaza, essayer d’arrondir les angles », affirme-t-il.
Il rejette également l’idée selon laquelle la vidéo aurait nui à l’image d’Israël. « On ne doit pas plaire à la terre entière », lance-t-il. Pour lui, la priorité n’est pas de « plaire » aux chancelleries étrangères, mais d’envoyer un message clair : « En Israël, vous serez traité tel que le droit israélien le stipule. »
Meir Ben-Hayoun assure enfin que les militants n’ont pas été maltraités, mais qu’ils ne doivent pas bénéficier d’un traitement de faveur. « On ne vous frappera pas, on ne vous torturera pas, on vous donnera à manger, de l'eau, mais vous serez traité comme des personnes qui soutiennent des terroristes », affirme-t-il.
La polémique continue de diviser le gouvernement israélien. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar avait accusé Itamar Ben Gvir d’avoir causé un tort diplomatique à Israël, tandis que le ministre de la Sécurité nationale revendique une ligne de fermeté face aux militants de la flottille.