Israël met l'IA au service des secours
Des chercheurs du Technion et de l'Université de Haïfa ont développé un outil d'intelligence artificielle capable de fournir aux secouristes les plans d'un bâtiment en moins de 30 secondes.


Après les frappes de missiles iraniens contre Israël, des chercheurs israéliens ont mis au point un système d'intelligence artificielle destiné à aider les équipes de secours à intervenir plus rapidement dans les immeubles touchés.
Développé par le Housing Lab du Technion, en collaboration avec l'Elijah Lab de l'Université de Haïfa, l'outil utilise des archives publiques d'urbanisme, notamment des permis de construire, des plans directeurs et des données municipales, afin de générer rapidement des informations structurelles sur les bâtiments endommagés.
Selon la professeure Yael Allweil, spécialiste d'architecture au Technion, la guerre a révélé l'ampleur du problème. Jusqu'à présent, lorsqu'un bâtiment était frappé, les équipes de secours devaient souvent attendre que les permis de construire soient imprimés depuis les archives municipales puis acheminés sur place. Ce processus pouvait prendre au moins 30 minutes.
Le nouveau système vise à réduire ce délai à moins de 30 secondes. Accessible via une application web, il permet aux secouristes de consulter la carte d'un bâtiment, d'identifier la présence d'abris dans les appartements et d'examiner les plans contenant des informations essentielles sur la structure.
Le besoin est devenu particulièrement urgent après les opérations militaires contre l'Iran, au cours desquelles des milliers de missiles ont été tirés vers Israël. Selon les autorités fiscales israéliennes, près de 40.000 demandes d'indemnisation ont été déposées après les frappes iraniennes de juin 2025 pour des habitations endommagées.
Les chercheurs expliquent que les informations détenues par les municipalités et le Commandement du Front intérieur n'étaient pas toujours centralisées, rendant l'accès aux données difficile en situation d'urgence. L'intelligence artificielle permet désormais d'interroger rapidement ces bases de données complexes et de fournir aux équipes sur le terrain des informations exploitables.
Le système a été développé pendant la dernière guerre et fait actuellement l'objet de tests avec la municipalité de Nahariya, régulièrement exposée aux tirs. L'objectif est de vérifier la fiabilité de la plateforme avant de l'étendre à d'autres villes israéliennes.
À terme, les chercheurs estiment que cet outil pourrait également être utilisé dans d'autres pays confrontés à des catastrophes naturelles, des bombardements ou des effondrements de bâtiments. « Sauver des vies me motive énormément », a déclaré Yael Allweil.