"Je savais que nous serions libres" : Eli Sharabi témoigne sur sa captivité à Gaza
"Pour moi, c’était une certitude absolue", a-t-il expliqué, reconnaissant que cette conviction irritait parfois les autres otages détenus avec lui


Ancien otage détenu dans la bande de Gaza, Eli Sharabi est revenu mardi, à la radio israélienne, sur son expérience de la captivité et sur le long chemin parcouru depuis sa libération. Un récit marqué par une foi inébranlable dans son retour à la liberté et par une profonde confiance dans l’État d’Israël.
Sharabi a raconté que, même dans les conditions les plus difficiles, il n’a jamais douté de sa libération. "Je répétais sans cesse que ce n’était qu’une question de temps avant que nous soyons libérés. Pour moi, c’était une certitude absolue", a-t-il expliqué, reconnaissant que cette conviction irritait parfois les autres otages détenus avec lui.
Il a décrit la pression psychologique intense exercée par les terroristes, notamment à travers des tentatives de démoralisation. "Ils vous disent que votre famille vous a oublié, que personne ne se soucie de vous. C’est extrêmement dur", a-t-il confié. Pour tenir, il se raccrochait à l’idée que, même sans savoir ce qui se passait à l’extérieur, des professionnels œuvraient sans relâche pour leur libération.
Privés de tout accès à l’information, sans télévision ni radio, les otages vivaient dans une isolation totale. Mais à 52 ans, Sharabi estimait comprendre les mécanismes à l’œuvre. "Ce n’est pas comme mettre une pizza au four et l’en sortir quinze minutes plus tard. J’avais confiance dans l’establishment de la défense et dans les valeurs de l’État d’Israël, qui ne laisse personne derrière. Beaucoup de choses se passent en coulisses, a-t-il souligné.
Aujourd’hui, Eli Sharabi reconstruit sa vie loin du kibboutz Be’eri, où il a vécu pendant 35 ans. Il se dit animé par une énergie constante et refuse toute posture victimaire. "Je ne sais pas jouer les martyrs, ce mot m’insulte. Des choses arrivent, des situations existent. Si pleurer aide certains, tant mieux, mais ce n’est pas mon cas", affirme-t-il.
Il a également évoqué les rêves qui l’accompagnaient durant sa détention, notamment celui de quitter Israël pour l’Angleterre (sa femme Lianne, assassinée le 7 octobre est anglaise) avec sa famille. Une idée née de la peur et du traumatisme, mais qu’il dit avoir abandonnée depuis. "Ma vision du monde a complètement changé. J’aime ce pays et je me suis engagé dans le combat pour ramener le corps de mon frère. C’était naturel."
L’émission a également donné la parole à Michal Nagari, mère du major Roi Nagari, tombé au combat à Be’eri le 7 octobre. Elle a raconté comment son fils, réserviste actif, avait enfilé son uniforme, pris un livre de Psaumes et rejoint son unité pour défendre le kibboutz, sauvant plusieurs civils avant d’être tué par des terroristes.
Très ému, Eli Sharabi a salué son courage et son dévouement, estimant que des hommes comme Roi Nagari ont sauvé de nombreuses vies ce jour-là. L’entretien s’est conclu sur une note plus intime, Sharabi confiant que ce qui lui manque le plus aujourd’hui, ce sont les moments simples de la vie familiale, reflet des valeurs qu’il a cherché à transmettre à ses filles Noya et Yahel, 16 et 13 ans, assassinées avec leur mère le 7 octobre.