"L'Iran était au bord de l'effondrement économique" : l'accord avec Téhéran suscite des regrets en Israël
Des responsables israéliens ont estimé que la poursuite du blocus aurait pu placer l'Iran dans une situation encore plus difficile


Le protocole d'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran suscite des réserves au sein de l'establishment sécuritaire israélien. Lors d'une récente réunion du cabinet politico-sécuritaire, plusieurs responsables de la défense ont estimé que la levée partielle de la pression économique exercée sur Téhéran intervenait alors que les sanctions et le blocus maritime commençaient à produire des effets significatifs sur l'économie iranienne.
Selon des sources présentes lors des discussions, les ministres ont été informés que l'Iran traversait une phase de grande fragilité économique. Les responsables de la sécurité ont fait valoir que le blocus maritime instauré par l'administration Trump en avril avait considérablement réduit les capacités commerciales de la République islamique, provoquant des pénuries de produits de base, des difficultés d'approvisionnement en médicaments et des perturbations dans la distribution de carburant.
L'un des secteurs les plus touchés aurait été celui du pétrole, principal moteur de l'économie iranienne. En raison des restrictions imposées aux exportations maritimes, Téhéran aurait accumulé d'importantes quantités de pétrole invendu. Après avoir saturé ses capacités de stockage, y compris à bord de pétroliers immobilisés, l'Iran aurait commencé à réduire sa production, une évolution perçue par certains experts comme le prélude à la fermeture progressive de certains champs pétroliers.
Des responsables israéliens ont ainsi estimé devant le cabinet que la poursuite du blocus aurait pu placer l'Iran dans une situation encore plus difficile. Ils ont exprimé leur frustration face à un accord qui, selon eux, atténue une pression économique jugée particulièrement efficace. Certains ont comparé les ressources financières susceptibles d'affluer vers l'Iran à la suite de l'accord à la fois à un simple soulagement temporaire et à une véritable bouffée d'oxygène pour le régime.
L'accord conclu entre Washington et Téhéran prévoit notamment une suspension de certaines sanctions liées au secteur pétrolier pendant soixante jours, permettant à l'Iran de reprendre ses exportations et d'éviter de nouvelles réductions de production.
Pour autant, plusieurs experts mettent en garde contre l'idée selon laquelle l'aggravation de la crise économique aurait nécessairement conduit Téhéran à faire davantage de concessions. Le chercheur Raz Zimmt, spécialiste de l'Iran à l'Institut d'études sur la sécurité nationale (INSS), souligne que si la République islamique a indéniablement subi un lourd coût économique, il est hasardeux d'en déduire qu'un effondrement financier aurait modifié les positions fondamentales du régime.
Selon lui, même dans un contexte de crise sévère, les dirigeants iraniens et les Gardiens de la révolution auraient probablement trouvé des moyens de préserver leurs intérêts stratégiques. Il estime également qu'une détérioration des conditions de vie ne débouche pas automatiquement sur une mobilisation populaire susceptible de provoquer un changement politique, les populations confrontées à des difficultés extrêmes étant souvent davantage préoccupées par leur survie quotidienne que par l'action politique.